Le pays est déchiré par 50 ans de lutte armée

ONU: Les experts ont examiné la situation de la Colombie

Genève, 2 décembre 2001 (APIC) Le Comité des Droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU a terminé vendredi 30 novembre l’examen du rapport sur la Colombie. Les experts ont notamment attiré l’attention sur la situation des femmes et des paysans, sur la violence, sur le nombre important de personnes déplacées à l’intérieur du pays, ainsi que sur les assassinats dont les syndicalistes continuent d’être victimes.

Les experts des Nations Unies et les Organisations Non Gouvernementales présentes se sont déclarés préoccupés par la détérioration du conflit en Colombie durant ces 12 derniers mois. La représentante de la « Comisión Colombiana de Juristas » a précisé qu’environ 8 millions d’habitants de la campagne vivent en dessous du seuil de pauvreté. La lutte armée en ce pays américain a commencé il y a plus de 50 ans, c’est la plus longue à ce jour en Amérique latine. Elle implique des forces rebelles, l’armée et les groupes paramilitaires.

Les experts onusiens ont rappelé qu’en l’an 2000 selon la Banque mondiale la Colombie se plaçait au deuxième rang mondial des pays ayant une mauvaise répartition des revenus. Le rapport officiel reconnaît que la population masculine a perdu entre trois et quatre ans d’espérance de vie à cause des violences. Par ailleurs, dans les zones rurales un grand nombre de personnes ne savent ni lire ni écrire. L’investissement privé et l’investissement public ont chuté durant la dernière décennie, engendrant une hausse rapide du chômage dont le taux atteignait 20% en 1999, a par ailleurs indiqué le Directeur adjoint du Département de planification nationale, Manuel Fernando Castro. Il a reconnu que la pauvreté s’est fortement accrue dans le pays entre 1996 et 2000.

La représentante de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a annoncé que 118 syndicalistes ont été assassinés depuis le début de l’année, et plus de 1’500 durant ces dernières années. Si la majorité des assassinats sont attribués aux paramilitaires, aux trafiquants de drogue et aux guérilleros, il n’en demeure pas moins que c’est aux autorités qu’il incombe d’assurer la sécurité de l’ensemble des citoyens, a rappelé la représentante de la CISL. (apic/iac/bb)

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