Afghanistan: Un ancien dignitaire de Kaboul confirme que Ben Laden finançait les talibans
Kaboul, 4 décembre 2001 (APIC) Hadji Mollah Khaksar, ancien vice-ministre de l’Intérieur des talibans, confirme que le milliardaire d’origine saoudienne Oussama Ben Laden a contribué à financer les milices des talibans. En contrepartie, il pouvait mener sa djihad en dehors du pays comme il l’entendait.
Ben Laden versait des sommes d’argent en liquide comprises entre 5’000 et 100’000 dollars, a affirmé Hadji Mollah Khasar dans les colonnes du journal libanais «L’Orient le jour» du 4 décembre, et il offrait aussi des véhicules tout-terrain, adaptés au difficile relief afghan, à chaque fois que les talibans essuyaient des revers militaires. «C’était une forme d’assistance aléatoire, souligne M. Khaksar. Par exemple, vous et moi étions assis ensemble et il venait nous proposer de l’argent».
Les combattants issus d’el-Qaëda étaient placés, précise M. Khaksar, sous les ordres du mollah Omar, mais Afghanistan: Un ancien dignitaire de Kaboul confirme que Ben Laden finançait les talibans (guerre sainte) en dehors du pays. «Sur les questions extérieures, on ne pouvait rien dire à Oussama Ben Laden», affirme-t-il.
«Le mollah Omar se battra jusqu’à la mort»
Pour Hadji Mollah Khaksar, le mollah Mohammad Omar, le guide suprême des talibans, se battra jusqu’à la mort dans son dernier grand bastion de Kandahar plutôt que de se rendre aux Etats-Unis ou à l’Alliance du Nord. Il sait qu’avec ou sans combat les Américains le tueront sûrement, estime l’ancien vice-ministre de l’Intérieur des talibans. «Le mollah Omar préférerait mourir en combattant plutôt que de se laisser capturer par les Américains. Cela lui ressemble, de se battre jusqu’à la mort».
Le mollah Omar mène actuellement la résistance des talibans à Kandahar, dans le sud du pays, où il est retranché avec plusieurs milliers de combattants afghans, mais aussi des Tchétchènes, des Pakistanais et des Arabes recrutés par le réseau el-Qaëda d’Oussama Ben Laden. Khaksar explique que la mort dans la forteresse de Qalaë-Janghi de quelque 600 combattants talibans et étrangers qui s’étaient rendus aux forces de l’Alliance du Nord a probablement eu pour effet de renforcer la résistance à Kandahar. Il est devenu évident pour eux qu’ils vont mourir et ils ont décidé de se battre plutôt que de se rendre, analyse-t-il.
Khaksar, qui porte toujours le turban noir, signe distinctif de la milice fondamentaliste, vit chez lui à Kaboul sous le regard de plusieurs combattants de l’Alliance du Nord, affectés à sa surveillance de l’autre côté de la rue. Il est resté dans la capitale quand les forces de l’Alliance du Nord y ont fait leur entrée, le 13 novembre, après la retraite de la milice fondamentaliste écrasée par des bombardements américains. (apic/orj/mk)
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