France: Le ministère de l’intérieur note une baisse des violences antisémites en 2001
Paris, 7 décembre 2001 (APIC) Le ministère de l’intérieur dément les informations du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). L’organisation de la communauté juive avait exprimé, par la voix de son président, Roger Cukierman, ses «craintes pour la sécurité des juifs en France», le 1er décembre.
Le bilan établi par les services de police fait apparaître que le nombre d’actes de violences antisémites aurait baissé en 2001. Alors que ces derniers s’élevaient à 119 en 2000, seuls 26 ont été dénombrés en pour les onze premiers mois de cette année. La police ne retient cependant que les actions ayant entraîné une incapacité de travail d’au moins huit jours. La même tendance est observée pour les menaces à l’encontre de juifs: au nombre de 624 en 2000, elles atteignent le chiffre de 155 en 2001.
Selon le quotidien français «Le Monde» du 7 décembre, l’année 2000 avait connu une vague de violences antisémites lors de la reprise du conflit israélo-palestinien en octobre. L’effet Intifada avait largement été souligné par le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), publié en mars 2001, qui avait alors noté une «véritable explosion» des actes de racisme à l’égard des juifs.
Le ministère de l’intérieur a tenu à comparer les mêmes périodes mouvementées de l’automne afin de voir si les répercussions du conflit israélo-palestinien et les conséquences du 11 septembre avaient eu une incidence. Les chiffres du ministère, là encore, vont à l’encontre du constat du CRIF. Pour une période comprise entre le 1er septembre et le 15 novembre, les actions violentes enregistrées par la police s’élèvent à 109 en 2000 contre 14 en 2001 ; les menaces à 489 en 2000 et 66 en 2001. «Nous revenons à un niveau comparable à celui de 1991, juste après le pic enregistré pendant la guerre du Golfe», souligne-t-on au cabinet du ministre Daniel Vaillant. L’intervention américaine et alliée en Irak avait été très mal vécue dans les milieux issus de l’immigration maghrébine et avait entraîné un regain d’actes visant des lieux fréquentés par les juifs.
Une baisse de violence indéniable
«Les chiffres du CRIF sont à prendre avec distance», commente-t-on au ministère de l’intérieur. Même circonspection du côté de la CNCDH, où l’on souligne que l’étude du CRIF démarre en septembre 2000 et inclut le début de l’Intifada. «L’essentiel est de comparer, à critères égaux, une année sur l’autre. Et c’est indéniable qu’on constate une baisse», dit Gérard Fellous, secrétaire général de la commission, qui n’a pas remarqué de «signes particuliers de recrudescence».
Le CRIF, de son côté, défend la pertinence de son étude: «On n’a pas les mêmes sources. Mais je tiens pour certaines les informations qui nous sont remontées des volontaires associatifs, même si elles n’ont pas de valeur officielle», déclare M. Cukierman. Tout en expliquant : «Au-delà des chiffres, c’est un climat qui nous inquiète.» (apic/lm/bb)
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