La situation semble s’apaiser

Kenya: Visite éclair du président Moi à Kibera

Nairobi, 9 décembre 2001 (APIC) Le président kenyan Daniel Arap Moi s’est rendu vendredi matin dans le bidonville de Kibera (Nairobi), où de sanglants épisodes de violence ont eu lieu ces derniers jours. Durant sa brève visite, il a lancé un appel au calme aux propriétaires nubiens soutenus par des Kikuyus et aux locataires Luos, l’ethnie la plus nombreuse à Kibera (où cohabitent 48 ethnies), appuyés par des Luyas.

Des sources citées par de l’agence missionnaire Misna relèvent un état de calme apparent dans le plus grand bidonville d’Afrique. Les mêmes sources confirment que depuis hier à 14h (heure locale), la situation semble relativement calme, mais qu’il n’est pas aisé de prédire ce qui pourra arriver dans les heures à venir. La présence de la police a été plus discrète, ce qui n’empêche pas les habitants de continuer à fuir Kibera après avoir entassé sur des moyens de transport de fortune le peu de biens qu’ils possèdent.

La police continue à contrôler l’accès à la zone. S’approcher de l’épicentre des incidents reste quand même très difficile, voire dangereux. On ignore encore le nombre de personnes arrêtées. En effet, les forces de l’ordre se sont signalées surtout par une répression, souvent violente. Des témoins appartenant à des mouvements de défense des droits de l’Homme ont dénoncé des centaines de cas de viol.

La semaine dernière, le chef de l’Etat Daniel Arap Moi avait tenu un discours aux habitants des baraquements, dans lequel il les exhortait à ne pas payer les loyers trop élevés. L’infiltration dans le bidonville de bandes armées, venues de l’extérieur, n’a fait que compliquer la situation, note Misna, qui met en cause  » des individus à la solde de certains hommes politiques qui veulent protéger ou étendre leurs intérêts dans les faubourgs.

Une semaine de tension

Cela fait une semaine au moins que la situation est tendue dans le bidonville de Kibera. Ces derniers jours, les journaux de la capitale ont rapporté la mort de deux personnes lors d’échauffourées avec la police. Dans cet énorme bidonville, la population a du mal à joindre les deux bouts. Les plus chanceux travaillent comme domestiques ou gardiens pour un salaire mensuel de misère. Une minorité d’enfants vont à l’école. Les autres s’adonnent à la mendicité ou commettent des délits mineurs. (apic/cip/mna/pr)

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