«Promouvoir la confiance des citoyens dans l’avenir de l’Europe»
Bruxelles, 9 décembre 2001 (APIC) A quelques jours du Sommet de Laeken, qui réunira les 14 et 15 décembre dans la capitale belge les chefs d’Etat et de gouvernement des quinze pays membres de l’Union Européenne, les évêques catholiques de ces mêmes pays ont publié une déclaration qui incite à «promouvoir la confiance des citoyens dans l’avenir de l’Europe».
La déclaration des évêques émane de la COMECE, Commission des épiscopats de la Communauté Européenne et est signée par les représentants des Conférences épiscopales des quinze pays de l’Union. Elle plaide pour l’institution d’une Convention, formée de délégués européens et nationaux, venant des quinze Etats membres mais aussi des pays candidats à l’adhésion, «pour émettre des propositions pour la réforme fondamentale de l’Union Européenne». Cette réforme sera d’une importance capitale, soulignent les évêques, pour déterminer ce «que devrait faire l’Union Européenne», sa manière de s’organiser «pour remplir son rôle de la manière la plus efficace et la plus responsable», ainsi que «les principes et les valeurs sur lesquels l’Union devrait être fondée».
La valeur et les valeurs de l’Union
Parce qu’un «développement mondial» est en jeu en même temps qu’une «résolution de conflits», il est capital, selon la COMECE, que l’Union Européenne prenne davantage qu’une «option économique et politique». C’est la «paix durable» qu’elle doit viser. Elle devra donc se montrer une «Europe unie, capable de parler d’une seule voix sur la scène mondiale et de contribuer au bien commun mondial en s’inspirant de son expérience en matière de résolution de problèmes par le dialogue, la coopération, la solidarité et la promotion des droits de l’homme, plutôt que par l’usage de la force».
L’Eglise catholique se dit prête à soutenir cet objectif. Mais la COMECE insiste: il faudra alors que l’Europe devienne davantage «une communauté de valeurs» qu’un «marché». Il y va du crédit même de l’Union aux yeux de ses citoyens. De ce point de vue, notent les évêques, l’établissement d’une Convention est une occasion «unique» à saisir: plus les citoyens y seront impliqués, plus ils pourront avoir «confiance dans les valeurs et les objectifs de l’intégration européenne».
Solidarité, subsidarité, transparence
Le travail de la Convention devrait être guidé, selon les évêques, par les mêmes principes que ceux qui doivent inspirer le processus d’intégration européenne. Le premier est la solidarité avec les Etats qui négocient aujourd’hui leur adhésion de demain. Il importe aussi de respecter le principe de subsidarité, donc de miser sur la participation et la responsabilité à chaque niveau, en associant d’une manière adéquate les secteurs qui ne sont pas représentés dans la Convention, les organisations de la société civile, sans négliger la contribution des Eglises et des communautés croyantes.
«Le défi – comme pour la réforme de l’Union Européenne – n’est pas simplement de rendre ce processus démocratiquement responsable, mais de le rendre visiblement démocratique», précise encore la COMECE, qui mise aussi sur le rôle d’information et de formation joué par les écoles, les universités et les médias.
En conclusion, la COMECE «chaque acteur de la société européenne» à s’intéresser à l’avenir de l’Union. Elle encourage spécialement les Conférences épiscopales et les organisations catholiques «à promouvoir la réflexion et le débat sur l’avenir de l’Union européenne, et les membres de la communauté catholique à trouver des moyens pour être impliqués dans le travail de la Convention». (apic/cip/pr)
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