Il invite au «pardon réciproque».
Rome, 9 décembre 2001 (APIC) A l’heure où l’après Afghanistan se dessine déjà par de nouvelles remueurs qui font état d’attaques contre la Somalie, l’Irak, le Yémen, l’Indonésie et la Corée du Nord, le pape a mis en garde l’humanité contre de nouvelles guerres, et invité au «pardon réciproque».
Le pape Jean Paul II a rendu, pour la 23ème fois depuis le début de son pontificat, un hommage à la statue de l’Immaculée conception sur la Place d’Espagne, en plein coeur de Rome, en fin d’après-midi du 8 décembre 2001. Prononçant une brève prière, Jean Paul II a particulièrement fait part de son inquiétude pour la paix dans le monde.
Ce sont plusieurs milliers de Romains qui ont accueillis Jean Paul II vers 16h00, alors qu’il arrivait en papamobile. Jour férié en Italie également, le 8 décembre est l’occasion pour beaucoup de Romains de venir fêter la Vierge de cette manière, un pompier venant dès l’aube pour couronner la statue qui se trouve sur une colonne haute de 30 mètres, à l’aide d’une échelle.
Après avoir salué le maire de Rome, Walter Veltroni, ainsi que son ’adjoint’ comme évêque de la Ville éternelle, le cardinal Camillo Ruini, le pape s’est dirigé au pied de la colonne afin d’y bénir une gerbe de fleurs. La statue de la Vierge qui surmonte cette colonne avait été élevée là à la demande de Pie IX en 1856 pour commémorer le dogme de l’Immaculée Conception.
Après un court moment de silence, agenouillé sur un prie-Dieu face à la statue, Jean Paul II a prononcé une prière adressée à la Vierge.
«Des nuages obscurs s’épaississent à l’horizon du monde. L’humanité qui a salué avec espérance l’aurore du troisième millénaire, sent à présent s’abattre sur elle la menace de nouveaux conflits catastrophiques. La paix dans le monde est en danger», a lancé le pape. Il a alors imploré la «Vierge immaculée» «d’obtenir que les âmes, libérées de la haine, s’ouvrent au pardon réciproque, à la solidarité constructrice et à la paix».
Semaine de la paix
Après cette prière, Jean-Paul II s’est ensuite rendu à la basilique Sainte- Marie-Majeure pour rendre son traditionnel hommage à l’icône de la Vierge qui porte le nom de «Salus populi romani» – «Salut du peuple de Rome» -, devant laquelle il est resté quelques instants en silence. Il a ensuite béni la nouvelle porte sainte de la basilique patriarcale avant de rentrer au Vatican.
Cette semaine sera marquée par de nombreuses initiatives pour la paix demandée par Jean Paul II, à la fois au Vatican et dans le monde. Le message pour la prochaine journée mondiale pour la paix – prévue comme chaque année le 1er janvier – qui sera rendu public le 11 décembre 2001, reprendra lui-même le thème «Sans pardon, il n’y a pas de paix». Puis, jeudi 13, le pape réunira au Vatican les chefs des communautés catholiques et les présidents de quelques Conférences épiscopales pour débattre sur «le futur des chrétiens en Terre Sainte». Enfin, le lendemain, aura lieu le jour de jeûne demandé par le pape «pour que Dieu concède au monde une paix stable fondée sur la justice».
Le sens du jeûne du 14 décembre
Dimanche, au cours de l’Angélus récité devant quelque 10’000 personnes rassemblées devant la fenêtre des appartements du pape, Jean Paul II est revenu sur le sens de son invitation au jeûne pour le 14 décembre prochain
«Face à la complexité de la situation internationale actuelle, l’humanité est appelée à mobiliser toutes ses énergies pour que l’amour prévale sur la haine, la paix sur la guerre, la vérité sur le mensonge et le pardon sur la vengeance», a déclaré le pape pour expliquer le sens du jeûne. Il a tenu à souligner à cette occasion que «l’initiative du 14 décembre a rencontré l’adhésion également de fidèles d’autres religions, en particulier de juifs et de musulmans».
«Par le jeûne, a-t-il dit, on reconnaît avec une humble confiance qu’un authentique renouvellement personnel et social ne peut venir que de Dieu». Il a enfin rappelé que le jeûne doit être accompagné d’un geste de partage «hors de tout piétisme ou d’assistanat trompeur».
Même si la date du 14 décembre coïncide avec la fin du ramadan pour les musulmans, a conclu Jean-Paul II, «cette initiative comporte pour les chrétiens un sens particulier en ce temps de l’Avent, temps d’espérance durant lequel nous sommes invités à préparer la venue du Seigneur».
Après avoir récité la prière de l’angélus, le pape a ensuite repris la parole pour rappeler que les 12 et 13 décembre prochains, les représentants des 140 pays signataires de la Convention de 1951 et du protocole de 1967 sur le statut des réfugiés se réuniront à Genève. «Je souhaite que tous ces pays mettent en acte la protection légale des personnes, malheureusement très nombreuses, contraintes de fuir leurs propres pays, ainsi que des soi- disant réfugiés internes», a déclaré Jean Paul II. «Puisse un engagement commun mettre fin aux graves violations des droits humains qui sont à l’origine de ces mouvements forcés», a-t-il conclu. (apic/imed/pr)
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