Le président Moi a «attisé le feu»
Nairobi, 11 décembre 2001 (APIC) Les responsables catholique, protestant, musulman et hindou du Kenya ont signé hier un document commun dans lequel ils condamnent les violences qui ont récemment ensanglanté le pays et dénoncent le comportement des autorités gouvernementales. Ils accusent le président Daniel Arap Moi d’avoir «attisé le feu».
Le message des Eglises concerne en particulier les incidents qui ont eu lieu dans le bidonville de Kibera (Nairobi) et l’escalade des violences sur fond ethnique dans le district du fleuve Tana (centre-est du Kenya, plus de 300 kilomètres au nord-est de Nairobi), où plus de 100 personnes sont mortes depuis le début de l’année.
Après voir exprimé leur douleur face aux pertes en vies humaines, les autorités religieuses kenyanes soulignent que les milliers de personnes qui ont fui le bidonville de Kibera sont encore déplacées. Cela doit rappeler que les problèmes à l’origine de l’explosion de la violence doivent encore être résolus. La présence massive de l’armée et de la police, observe-t-on dans le document, n’a pas rassuré les gens, elle les a même poussé davantage à abandonner la zone par crainte de subir des traitements inhumains.
Le gouvernement et les politiciens sont sommés de se mettre à l’oeuvre pour faciliter un processus de réconciliation du problème qui, à Kibera, concerne la possession de la terre et les loyers élevés imposés aux habitants du bidonville. Les organisations religieuses du Kenya s’en prennent également au président Daniel Arap Moi, qui a «attisé le feu» en invitant les locataires à ne pas payer des loyers devenus trop élevés.
Pour une politique claire et bien articulée
«Nous demandons à ceux qui occupent des postes de responsabilité – peut-on lire dans le texte – d’être attentifs aux mesures qu’ils prennent, même quand elles sont dédiées au bien public. Nous préférons à ces initiatives le développement d’une politique claire et bien articulée sur toutes les questions d’intérêt national. En outre – poursuivent les chefs religieux – étant donné que notre pays a adopté un système économique de type libéral, il faut qu’il soit respecté ou bien qu’un autre modèle soit ouvertement choisi. En attendant, les interférences sélectives dans le secteur privé se révèlent impropres». (apic/mna/bb)
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