«Une tentative du gouvernement de modifier l’histoire»
New Delhi, 11 décembre 2001 (APIC) Le nouveau programme scolaire qui devrait entrer en vigueur en 2002 a déclenché les protestations des Eglises. Celles-ci y voient une tentative du gouvernement de coalition pro- hindou de «modifier l’histoire» afin de promouvoir l’hindouisme aux dépens des religions minoritaires.
S’affirmant très préoccupée «par la modification de données historiques», la Conférence épiscopale de l’Inde a, le 7 décembre, publié une déclaration dans laquelle elle engage les responsables du système éducatif «à ne pas priver les générations futures de la possibilité de connaître la vérité dans son intégrité, élément essentiel pour toute société civile».
Auparavant, le Comité exécutif du Conseil national des Eglises de l’Inde avait protesté contre les efforts déployés par le gouvernement fédéral en vue de «promouvoir l’Hindutva (nationalisme hindou) par le biais de l’éducation, annonce l’agence de presse ?cuménique eni. Promouvoir l’hindouisme «ne fera que perpétuer le fondamentalisme religieux et aggraver la marginalisation des minorités», avertit le Conseil national des Eglises de l’Inde, qui représente 29 Eglises orthodoxes et protestantes. Même si le gouvernement affirme le contraire, les éducateurs chrétiens et les enseignants laïques ont été écartés de l’élaboration du nouveau programme, déplorent les responsables chrétiens.
«Les cinq membres du Comité de rédaction appartenaient tous à une seule communauté (hindoue)», observe Soeur Céline Xavier, secrétaire générale de l’Association nationale des écoles catholiques de l’Inde (AINACS), qui représente 15’000 écoles.
A ce jour, les propositions concernant le nouveau programme figurent seulement dans un document intitulé «Les Bases du programme national d’éducation scolaire». Mais les responsables d’Eglise craignent que les manuels scolaires subissent les effets de l’application de ce programme.
Educateurs chrétiens non consultés
L’archevêque Oswald Gracias, secrétaire général de la Conférence épiscopale de l’Inde, il a déploré que les éducateurs chrétiens n’aient pas été consultés préalablement sur la proposition d’introduire «des changements radicaux dans le programme scolaire» – et ceci, en dépit du fait que les 20’000 institutions d’enseignement chrétiennes représentent environ 10 millions d’étudiants indiens.
Depuis l’accession au pouvoir, en 1998, du gouvernement du BJP (Bharatiya Janata Party), les livres d’histoire rédigés par les spécialistes laïques ont été retirés des programmes. Certains organismes comme le Conseil indien de la recherche historique et la Commission des bourses universitaires se sont assuré les services de nationalistes hindous.
En dépit des menaces des partis d’opposition et des gouvernements des Etats de boycotter le programme dès sa mise en vigueur l’an prochain, le premier ministre Atal Behari Vajpayee a ouvertement appuyé le projet, en faisant remarquer que si l’histoire avait fait preuve de partialité (contre les hindous), elle devrait être «corrigée». (apic/eni/bb)
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