L’Afghanistan est encore trop instable

Pakistan: Amnesty International s’oppose au renvoi de force des réfugiés afghans

Londres/Lausanne, 17 décembre 2001 (APIC) Amnesty International (AI) s’oppose au renvoi de force des réfugiés afghans du Pakistan, car l’Afghanistan est encore trop instable. Les ressortissants afghans se trouvant au Pakistan risquent en effet d’être renvoyés dans leur pays où ils pourraient être victimes d’atteintes à leurs droits fondamentaux.

L’organisation de défense des droits de l’homme basée à Londres demande à ce qu’aucun réfugié afghan ne soit expulsé vers l’Afghanistan sans avoir bénéficié d’une procédure d’asile équitable en bonne et due forme. Huit sikhs afghans, arrêtés fin novembre, ont été expulsés vers leur pays d’origine le week-end dernier, sans avoir eu la possibilité de demander asile ni d’obtenir l’assistance du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Respecter le principe de non-refoulement

D’après les informations recueillies, par Amnesty International ces huit personnes ne représentent que quelques uns des Afghans renvoyés actuellement dans leur pays par les autorités pakistanaises. Dans le cadre d’un programme de rapatriement, toute mesure de rapatriement devrait être librement consentie et subordonnée à l’absence de risque d’atteinte aux droits humains commise contre l’individu concerné pendant ou après son retour dans son pays. Le HCR doit être autorisé à jouer le rôle qui lui incombe, et à interroger toutes les personnes qui regagnent l’Afghanistan, afin de s’assurer qu’elles ont réellement décidé de rentrer dans leur pays de leur plein gré et en toute connaissance de cause, poursuit AI.

Les Etats qui accueillent des réfugiés afghans doivent continuer à garantir leur protection, jusqu’à ce qu’il ait été établi qu’ils seront en sécurité en Afghanistan, et qu’ils peuvent y retourner sans danger. Les réfugiés avec lesquels des représentants d’Amnesty International se sont entretenus au Pakistan affirment qu’ils regagneront leur foyer en Afghanistan dès que possible. Ils soulignent toutefois qu’ils ne pourront le faire tant que la paix et la sécurité n’auront pas été rétablis dans leur pays.

Le principe de non-refoulement, inscrit dans la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, fait partie intégrante du droit international coutumier. Il interdit de renvoyer de force une personne dans un pays où elle risque d’être victime de graves atteintes à ses droits fondamentaux. (apic/ai/com/be)

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