Zurich: Le seul bourgeois d’honneur de la cité de Zwingli est le Père Abbé d’Einsiedeln
Zurich, 19 décembre 2001 (APIC) Le maire Josef Estermann a remis dimanche la bourgeoisie d’honneur de la ville de Zurich à Mgr Martin Werlen, lors de sa bénédiction abbatiale. Le Père Abbé d’Einsiedeln est selon la tradition le seul depuis plusieurs siècles à recevoir ce titre honorifique.
« Le fait que la ville protestante de Zurich n’ait qu’un seul bourgeois d’honneur, le Père Abbé d’Einsiedeln, depuis des siècles et que ce soit justement un prélat catholique du canton de Schwyz doit être déconcertant », a affirmé Josef Estermann en remettant le document au nouveau Père Abbé d’Einsiedeln. Cette tradition est d’autant plus étonnante que jusqu’il y a 170 ans, les catholiques ne pouvaient même pas devenir simples bourgeois de la ville.
Ce privilège tire ses origines d’un ancien droit de bourgeoisie du 15e siècle convenu entre la ville de Zurich et le prince-abbé d’Einsiedeln. Les possessions zurichoises du couvent étaient placées sous la protection des autorités de Zurich. Leur administrateur siégeait alors au « Einsiedlerhaus », sur les bords de la Limmat.
Lorsque l’Etat de Zurich fut dissout en 1798 pour devenir une commune et un canton distincts, la ville réussit à conserver les revenus découlant des affaires bourgeoisiales, et le droit de bourgeoisie contracté avec l’abbaye d’Einsiedeln fut maintenu. Lors des changements de Pères Abbés en 1808 et 1825, aucun document de bourgeoisie d’honneur ne fut décerné, mais ce titre honorifique a été mentionné dans les lettres de v?ux qui leur étaient adressées par la ville. Puis cette tradition de remise de la bourgeoisie d’honneur au nouveau Père Abbé par le conseil communal de Zurich lors de la cérémonie de bénédiction abbatiale a été réinstaurée et s’est perpétuée jusqu’à maintenant.
Aujourd’hui, la remise de ce titre honorifique ne représente « rien de plus et rien de moins qu’un signe marquant les bonnes relations entre le couvent et la ville de Zurich, avant comme après », a affirmé dimanche le maire Josef Estermann. Ajoutant dans les colonnes du journal « Einsiedler Anzeiger »: « Autrefois la ville portait la responsabilité des bourgeois devenus pauvres. Sur ce point, Zurich ne prend aucun risque avec le Père Abbé d’Einsiedeln ». (apic/ea/gs/bb)
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