Large condamnation dans le monde: Israël de plus en plus isolé
Ramallah, 26 décembre 2001 (APIC) Le gouvernement israélien a donc remporté le bras de fer dans son chantage qui l’opposait à Yasser Arafat. Face au blocus de l’Etat hébreu, aux blindés et aux hommes en arme, le président palestinien a renoncé à se rendre à Bethléem pour assister à la messe de minuit et a dénoncé le «crime» israélien. La «punition» de Sharon privant Arafat de messe de minuit grâce à ses blindés a été largement condamnée dans le monde. Israël est aujourd’hui de plus en plus isolé.
«Je vous parle et mon coeur est plein de regrets pour vous dire que les chars et les barrages israéliens m’ont privé d’être à vos côtés», a-t-il dit dans un message aux chrétiens palestiniens. Accusant Y. Arafat de n’avoir pas sévi contre les auteurs d’attentats anti-israéliens, Sharon avait fait savoir qu’il ne le laisserait pas quitter son quartier général de Ramallah. Selon la radio publique israélienne, les barrages militaires établis aux sorties de la ville avaient été renforcés et des officiers formés aux «situations sensibles» y avaient été affectés.
L’interdit d’Israël a suscité de nombreuses réactions indignées. Le patriarche latin de Jérusalem Michel Sabbah a condamné «cette agression». «Nous sommes ici pour exprimer notre solidarité avec les Palestiniens», a-t- il déclaré. Le Vatican a qualifié la décision israélienne d’»arbitraire». Le pape Jean Paul II ne devait toutefois pas mentionner la Terre sainte durant la messe de Noël. De partout des pressions ont été exercées pour faire plier le va-t-en guerre Sharon, y compris de l’Union européenne.
La place que devait finalement occuper Yasser Arafat lors de la messe de minuit dans l’église Sainte-Catherine de Bethléem est finalement restée vide. A la place du président palestinien, un keffieh noir et blanc reposait sur le siège vacant. Cependant, chrétiens et partisans de la cause palestinienne ont pris place en masse dans l’église qui jouxte la basilique de la Nativité. En outre, près de 2’000 personnes s’étaient rassemblées sur la place devant le parvis de l’église. Les rares touristes y côtoyaient la foule des Palestiniens dont beaucoup ne possédaient pas de billets pour assister aux cérémonies de minuit dans l’église.
Les des foules de naguère
Un Palestinien s’est souvenu que les cérémonies de Noël attiraient auparavant au moins 10’000 visiteurs. Il a rappelé que beaucoup de résidents étaient traumatisés par l’invasion des chars israéliens en octobre dernier.
Quant au service religieux, il a été conduit par le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah. Il avait rencontré le leader palestinien dans la journée et avait exprimé sa solidarité avec le peuple palestinien. C’est la première fois que Yasser Arafat passait Noël loin de Bethléem depuis que l’autorité palestinienne avait pris en charge la Cisjordanie en 1995.
Dans une interview accordée le 24 décembre à Radio Vatican, Mgr Sabbah avait estimé que les deux peuples sont «capables de vivre ensemble dans la paix», le patriarche de Jérusalem a relevé que «tout en se mettant devant le mystère de Dieu, nous constatons en même temps le mal de l’homme. Nous le voyons dans le comportement des responsables politiques qui n’arrivent pas à comprendre que la route de Bethléem n’est pas une route pour donner la mort: la route de Bethléem est la route suivie par les mages pour aller trouver Dieu et l’adorer».
«L’invitation offerte aux hommes politiques, a-t-il conclu, est qu’eux même retrouvent Dieu à Bethléem, qu’ils le remettent dans leurs plans, qu’ils donnent la priorité à son amour et son esprit plutôt qu’à leurs propres intérêts et calculs politiques».
Dans cette même journée du 24 décembre, le Vatican, par son porte-parole, avait confirmé l’intervention du Saint-Siège auprès du gouvernement israélien pour éviter l’interdit arbitrairement imposé qui frappait Arafat. (apic/ag/imed/zn/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/proche-orient-la-punition-de-sharon-prive-arafat-de-messe-de-minuit/