L’évêque « clandestin » de Pékin est décédé la veille de Noël
Pékin/Rome, 2 janvier 2002 (APIC) De nombreux catholiques chinois ont assisté mercredi 2 janvier dans la localité de Zhangjiapu aux obsèques de Mgr Matthieu Pei Shangde, l’évêque catholique « clandestin » de Pékin. Selon les autorités chinoises, les funérailles de l’évêque – reconnu par le Vatican, pas par le régime en place – ont attiré une foule restreinte, estimée à moins de 300 personnes. L’agence vaticane Fides avance pour sa part le chiffre de « milliers de fidèles ».
Agé de 83 ans, Mgr Pei Shangde, qui a connu les geôles chinoises et était en résidence surveillée depuis avril dernier, est décédé la veille de Noël des suites de maladie. Souffrant d’insuffisance rénale, il était hospitalisé sous bonne garde dans l’hôpital de Shengxing à Zhangjiapu, dans la province du Hebei, entourant Pékin.
Réconciliation entre catholiques « clandestins » et « officiels »
La cérémonie, qui avait débuté à 9h du matin, a duré 3 heures. L’évêque reconnu par le Vatican a été enterré avec ses insignes épiscopaux. Ces jours derniers, la police avait interdit aux personne non résidentes dans le village de participer aux obsèques. Tous les accès à la localité avaient été bloqués pour les personnes non originaires de Zhangjiapu.
Contredisant les chiffres de la police, des témoins directs ont affirmé à Fides que plus de 3’000 personnes étaient massées dans l’église et 2’000 autres à l’extérieur. La messe d’enterrement était concélébrée par 2 prêtres de l’Eglise catholique non officielle et 4 de l’Eglise officielle, qui est sous la coupe de l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC). L’APCC est une organisation contrôlée par le parti communiste chinois. C’est un prêtre officiel qui a prononcé l’homélie, en faisant l’éloge de Mgr Pei qui a ?uvré en faveur de la réconciliation entre l’Eglise « clandestine » et l’Eglise officielle.
A l’annonce de la mort de l’évêque chinois, les fidèles venus de diverses régions de la Chine ont commencé à se rassembler en longues files pour rendre les derniers hommages dans son village de Zhangjiapu. Parmi eux, on notait la présence de prêtres et de fidèles de l’Eglise officielle de Pékin. Mgr Pei est entré au petit séminaire de Pékin à l’âge de 13 ans. Ordonné prêtre en 1948, un an avant la prise de pouvoir des communistes et la proclamation de la République populaire de Chine, il enseigne à l’école catholique de Geng Xin, appartenant au diocèse de Pékin.
Dix ans de camp de rééducation par le travail
Sous le nouveau régime, il est contraint de travailler dans la fabrique de médicaments de Zhiyaochang à Pékin. Durant le Révolution culturelle, le Père Pei est arrêté comme tous ses confrères. Il sera condamné à 10 ans de travaux forcés et de camp de rééducation par le travail, d’où il sera libéré en 1980, 4 ans après la chute de la « Bande des Quatre » responsable de la persécution de millions de Chinois durant la Révolution culturelle (1966-1976).
A sa libération, le Père Pei rentre à Pékin, où il sera ordonné clandestinement évêque en 1989. Sa foi toute empreinte de simplicité et la douceur de son caractère lui ont valu la sympathie de nombreux fidèles et prêtres appartenant à l’Eglise officielle. Ces derniers temps, on note parmi les membres de l’Eglise dite « patriotique » une volonté croissante de renouer les liens avec Rome, coupés sous la pression du pouvoir au début des années 50. (apic/fides/be)
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