Suisse: Les Eglises soutiennent l’adhésion de la Suisse à l’ONU
Berne, 8 janvier 2002 (APIC) Alors que le Conseil fédéral part au front en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’ONU et que les troupes d’opposition emmenées par le Zurichois Christoph Blocher s’attaquent aux cantons indécis, les Eglises catholique et protestantes soutiennent clairement la campagne favorable à l’adhésion. Dans une brochure « Les Eglises et l’ONU », elles expliquent que l’ONU peut contribuer à la réalisation de la justice et de la paix dans le monde.
Les Eglises catholique et protestantes s’engagent dans une campagne pour l’adhésion à l’ONU dont le résultat, qui tombera le 3 mars, est annoncé serré. Selon les derniers sondages, seuls les 6 cantons romands ainsi que Zurich et Bâle-Ville sont acquis au oui.
Une brochure, publiée par la commission de la Conférence des évêques suisses (CES) « Justice et paix » ainsi que l’Institut d’éthique sociale (IES) de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), présente une série d’arguments en faveur du oui. Selon cette présentation, l’engagement des Eglises repose sur les valeurs communes qu’elles partagent avec les Nations Unies: justice, paix, solidarité et sauvegarde de la création.
En réponse à la campagne d’opposition, les questions de la neutralité et de la souveraineté sont abordées sous l’angle de la responsabilité internationale des Etats démocratiques.
Justice, paix et solidarité
Les Eglises voient dans l’ONU une concrétisation de l’idéal de paix et de justice formulée dans la déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948. Celle-ci énonce comme idéal la reconnaissance de la dignité inhérente à tout être humain et son droit inaliénable à l’égalité, ainsi qu’à sa liberté d’expression et de croyance. Les Eglises rappellent que lors du deuxième Rassemblement ?cuménique européen à Graz en 1997, elles ont souligné la nécessité de défendre « sans équivoque les droits de la personne humaines et le processus démocratique », de coopérer « pour bannir toute forme de violence » et d’exprimer clairement un « engagement envers la justice sociale et la solidarité ».
Les nombreuses organisations liées à l’ONU, comme la CNUCED dans son soutien au pays pauvres, ou l’OIT qui détermine les normes sociales dans la conduite du commerce internationale, concordent avec le message des Eglises pour la promotion de la justice sociale. De nombreuses organisations d’entraide apparentées aux Eglises, comme Caritas ou Pain pour la prochain, sont d’ailleurs clairement favorable à l’adhésion.
De plus, le développement de la mondialisation rend nécessaire celui d’une éthique mondiale. Or, l’ONU apparaît comme un instrument par lequel la réalisation du bien commun universel et d’une communauté des peuples vivante, voulue par les Eglises, semble possible, comme le souligne le pasteur Dölf Weder, président de l’Eglise évangélique réformée saint- galloise.
Neutralité et souveraineté
Depuis la reconnaissance internationale de la neutralité suisse au Congrès de Vienne en 1815, le monde a changé, rappellent les Eglises. Les conflits entre les grands voisins de la Suisse du XIXème siècle ont fait place à la Communauté européenne, principale partenaire économique de la Confédération. La neutralité, souvent considérée comme mesure de sauvegarde nationale, doit poursuivre son évolution vers un devoir d’entraide internationale, afin que cette qualité helvétique ne deviennent pas une forme de passivité envers les victimes des violences à travers le monde. De même, l’intensité des échanges internationaux et leur inévitables implications socio-économiques amènent un exercice de la souveraineté, qui pour se maintenir, doit correspondre à la réalité mondiale actuelle.
En conséquence la CES et la FEPS « invitent les membres des Eglises qui ont le droit de vote à considérer sérieusement les arguments en faveur de l’adhésion, puis à déposer dans l’urne le fruit de leur mûre réflexion ». (apic/sh)
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