Pas de palais pour les évêques de l’Eglise d’Angleterre

Londres: Les évêques ne vivent pas comme des princes, affirme l’Eglise d’Angleterre

Londres, 9 janvier 2002 (APIC) Les évêques de l’Eglise anglicane d’Angleterre ont pour la première fois présenté publiquement leurs comptes personnels. Ils entendent ainsi dépoussiérer l’image de grands seigneurs vivant dans des palais, qui leur colle à la peau.

L’Eglise espère ainsi faire oublier le tableau dépeint par des auteurs tels qu’Anthony Trollope, romancier du 19e siècle encore populaire en Grande- Bretagne. Anthony Trollope a écrit sur le diocèse fictif de Barchester, dont l’évêque menait grand train. Ses romans continuent d’influencer l’idée que certains se font de la hiérarchie anglicane.

Pourtant les autorités de l’Eglise rappellent aujourd’hui, que sur 44 évêques diocésains, seul un sur quatre vit dans un palais. Et même lorsque l’évêque vit encore dans un palais historique, son logement ne représente qu’une petite partie de celui-ci.

L’évêque de Durham, Michael Turnbull, vit dans un des plus grands palais, Auckland Castle. Et pourtant, selon son porte-parole, Stephen Conway, son logement n’est pas plus grand qu’ »un presbytère aux dimensions raisonnables ».

Pas de vie de château pour les évêques

Le château abrite aussi les bureaux du diocèse, et des salles qui peuvent être louées pour des conférences, des cours de formation et des réceptions de mariage. Les grandes salles de réception sont ouvertes au public et peuvent être visitées. « Nous pourrions dire que c’est un usage raisonnable et maximum de l’espace », a déclaré Stephen Conway. « Certes c’est un privilège d’être dans un tel environnement, mais vivre au château comme locataire temporaire ne veut pas dire que l’évêque appartienne à une catégorie socio-économique particulière ».

Par contraste, Jonathan Bailey, évêque de Derby – un diocèse plus récent, créé en 1927 – vit de façon confortable mais simple. Une porte-parole du diocèse a expliqué que l’évêque occupe une grande maison familiale dans la banlieue et doit faire le trajet pour se rendre à son bureau.

Les chiffres de l’Eglise d’Angleterre montrent que pour l’année 2000, les évêques diocésains et les évêques suffragants et assistants ont coûté à l’Eglise un total de 12,8 millions de livres sterling (18,6 millions de dollars).

La palme à Mgr Carey

Sur cette somme, 3,5 millions de livres (5,1 millions de dollars) ont été consacrés aux dépenses relatives aux salaires, aux assurances maladie, aux cotisations à la retraite – ce qui représente une moyenne de 30 700 livres (44 500 dollars).

Le reste, soit 9,3 millions de livres (13,5 millions de dollars) était destiné au bureau de l’évêque et aux frais d’administration. Ces dépenses représentaient 1,2% du chiffre d’affaires de l’Eglise en 2000 (environ 800 millions de livres, ou 1,16 milliard de dollars).

Au sommet de la liste des dépenses figure l’archevêque de Canterbury, George Garey – démissionnaire -, qui est le chef spirituel de l’Eglise d’Angleterre et le leader de la communion anglicane mondiale, et aussi un évêque diocésain. Il a des résidences officielles à Canterbury et à Londres. Son bureau et les frais d’entretien étaient de 990’920 livres (1,4 million de dollars) soit trois fois plus que l’évêque de Londres.

Examens minutieux

Les dépenses des évêques sont examinées minutieusement par les Commissaires de l’Eglise, mais les évêques diocésains ont une certaine liberté d’agir dans ce domaine. Les trois quarts des évêques diocésains, mais aucun évêque assistant, ont un chauffeur, même si seulement des 10% des chauffeurs travaillent à plein temps.

Pour le porte-parole de l’Eglise d’Angleterre, Arun Kataria, « ce n’est pas un classement de championnat. Les dépenses des évêques varient selon la nature et l’importance de leur diocèse et des autres engagements qu’ils ont pour l’Eglise hors du diocèse. (apic/eni/at/pr)

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