Le trafic d’enfants a explosé en 2001

Côte d’Ivoire: Les gouvernements africains déterminés à lutter contre le trafic d’enfants

Yamoussoukro, 13 janvier 2002 (APIC) Des pays africains de l’ouest et du centre du continent se sont engagés vendredi à tout mettre en ?uvre pour une ratification rapide des conventions internationales protégeant les enfants. Les représentants de leurs gouvernements se sont réunis à Yamoussoukro, en Côte-d’Ivoire, du 8 au 11 janvier pour aborder le problème des trafic d’enfants, dont l’ampleur a explosé en 2001.

Au terme de la rencontre de trois jours, les participants ont lancé un appel à tous les états concernés pour appliquer rapidement un accord sous- régional de lutte contre le trafic et l’exploitation des enfants. Ils ont également préconisé l’adoption, l’adaptation et l’harmonisation des législations nationales en vigueur, afin de lutter plus efficacement contre les nouvelles formes du trafic des enfants.

Selon l’UNICEF, le trafic des enfants s’est développé en 2001 à un niveau inquiétant. Durant cette année, 99 personnes accusées de ce délit ont été arrêtés en Afrique de l’ouest et du centre, contre 5 seulement l’année précédente. Spécialisée dans les problème d’enfance, l’UNICEF a ajouté avoir recensé plus de 200’000 adolescents d’Afrique de l’ouest et du centre victimes de trafic. Le nombre d’enfants récupérés et remis à leurs familles a aussi augmenté. Il est passé de 224 en 2000 à 889 l’an passé. Les trafiquants arrêtés sont en attente de jugement dans les prisons maliennes, béninoises, togolaises et burkinabé.

Enfants exploités dans les champs de cacao et de café

Rien que durant la période de juin à novembre 2001, 281 enfants âgés de 7 à 17 ans ont été interceptés par les polices de frontières du Burkina-Faso, a pour sa part déclaré à l’AFP le ministre burkinabé de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Gilbert Ouédrago. Le Burkina-Faso, le Togo et le Bénin sont considérés comme les pays les plus touchés par les trafics d’enfants. La Côte-d’Ivoire, premier pays producteur de café et de cacao dans le monde, est désignée comme la principale destination des enfants, dont certains sont vendus à 3’750 francs CFA (9 francs suisses).

Le gouvernement ivoirien s’en est défendu, accusant les médias d’avoir orchestré une campagne de dénigrement présentant la Côte-d’Ivoire comme un pays esclavagiste. Le président Laurent Gbagbo, qui présidait les travaux d’ouverture, a souligné que 90% de la production cacaoyère sont entre les mains des nationaux. C’est seulement dans les 10% restant, détenus par les étrangers, que se trouve la main-d’?uvre juvénile et étrangère.

Il a également souligné la nécessité d’adopter un «développement équilibré» dans les pays voisins de la Côte-d’Ivoire pour éliminer le trafic des enfants. «La lutte contre ce fléau est une lutte contre la pauvreté», a-t- il lancé. Dans le cadre cette lutte, la Côte-d’Ivoire et le Mali sont liés depuis plus de deux ans par un accord de coopération. (apic/ibc/bb)

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