Coup dur pour la paix

Colombie: les négociations de paix échouent

Bogota, 14 janvier 2002 (APIC) Les pourparlers de paix ont échoué en Colombie après le rejet des propositions des FARC par le président Andres Pastrana. Le chef de l´Etat leur a ordonné d’évacuer la zone démilitarisée dans les 48 heures, ce que les rebelles marxistes ont accepté.

La réponse négative à la proposition de négociation en 14 points présentée par les guérilleros semble mettre un point final à trois années de pourparlers de paix laborieux. Ceux-ci n’ont pas réellement désamorcé une guerre qui dure depuis 38 ans et qui a coûté la vie de 40’ 000 personnes ces dix dernières années.

Andres Pastrana a expliqué, lors d’une brève allocution télévisée peu avant minuit samedi, que «le document rendu public par les FARC était insuffisant» et qu’il n’apportait pas «de réponses claires et directes».

Quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum, les guérilleros ont annoncé qu’ils acceptaient de se retirer de leur enclave. Une décision destinée, selon les observateurs, à éviter une offensive de l’armée qui avait placé en alerte maximum 13’000 hommes prêts à pénétrer dans la zone.

Ce territoire, grand comme la Suisse (42’000 km2) et situé dans une zone stratégique du sud du pays, avait été placé sous le contrôle des FARC en janvier 1999 afin d’instaurer le début du processus de paix. L’armée accuse les insurgés d’y détenir les victimes d’enlèvements et d’y faire sa plaque- tournante du trafic de drogue.

L’organisation rebelle affirme que la responsabilité de la rupture des négociations revient au président Pastrana qui a pris sa décision «en dépit des efforts réalisés les 11 et 12 janvier en présence de l’envoyé spécial de l’ONU, James Lemoyne».

Inquiétude

Les plus inquiets sont les résidents et les autorités de la zone de détente, l’aire de 42’000 kilomètres carrés située entre les départements de Meta et de Caquetá. Cette enclave démilitarisée était sensée abriter le lancement d’un dialogue entre le gouvernement de Bogotá et les guérilleros. En réalité, le dialogue n’a jamais décollé. Au cours de la nuit de samedi à dimanche, Lemoyne a tenté une négociation désespérée avec les dirigeants de la guérilla, qui combattent contre le gouvernement de Bogotá depuis 38 ans, dans la ville de San Vicente del Caguán, à 350 kilomètres au sud-est de Bogota. Après avoir obtenu des FARC l’adhésion à un document contenant 14 propositions de dialogue, l’émissaire onusien avait pourtant manifesté un certain optimisme. (apic/ag/mna/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/colombie-les-negociations-de-paix-echouent/