Oecuménisme : des réalités contrastées selon les continents

Encadré

Au début du 20° siècle, les chrétiens des pays dits de «mission» ont contribué à lancer le mouvement ?cuménique parce qu’ils refusaient les divisions des Eglises. L’oecuménisme théologique et de terrain est aujourd’hui relayé dans le monde entier mais à des degrés divers.. Rapide survol d’horizon.

Les Eglises d’Afrique sont très représentées au COE. Elles ne sont pas regroupées dans un organisme commun qui inclurait l’Eglise catholique. Néanmoins le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagacar (SCEAM) – catholique – et la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA) – protestant – collaborent, au cas par cas. Mais ce sont surtout les Conseils nationaux des Eglises, instances regroupant des chrétiens de toutes confessions qui se mobilisent pour endiguer les conflits ethniques, lutter contre la corruption, promouvoir la justice et le développement.

En Afrique du sud, par exemple, les Eglises ont constamment agi au coude à coude pour lutter contre l’apartheid. Favoriser l’intégration et la coopération régionale pour rétablir la paix, tel est encore l’objectif de la Communauté des Conseils chrétiens et des Eglises des Grands lacs et de la Corne de l’Afrique (FECCLAHA). Cet organisme de liaison entre les Conseils nationaux des Eglises du Burundi, du Kenya, du Rwanda, du Soudan, d’Ouganda, du Congo Kinshasa et les Eglises orthodoxe et évangélique d’Erythrée a été créé en 1999.

En Amérique latine, où l’Eglise catholique a été longtemps très majoritaire, le mouvement oecuménique est plus récent et plus difficile. Le développement phénoménal des Eglises évangéliques, pentecôtistes principalement, n’a pas simplifié les choses. A deux doigts de rompre leurs relations ces dernières années, le Conseil Latino américain des Eglises, qui regroupe 120 Eglises protestantes historiques, et la Conférence épiscopale latino-américaine (CELAM) travaillent désormais en meilleure intelligence.

Difficultés en Asie

Dans les pays d’Asie, Philippines exceptées, les chrétiens sont ultra- minoritaires et assez dispersées. Partant, les fidèles des diverses confessions ne se rencontrent guère entre eux.

En juillet dernier, les responsables des Eglises chrétiennes des Moluques (Indonésie) se sont rendus ensemble à Genève pour protester devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU des atrocités commises dans l’archipel. De même, en Inde et au Pakistan les chrétiens ont fait front commun à de nombreuses reprises pour protester contre la discrimination religieuse dont ils sont victimes.

Tel est aussi le cas au Proche-Orient. Ce berceau du christianisme abrite de longue date une myriade d’Eglises habituées à vivre en bonne intelligence pour faire face à la pression musulmane et à l’intolérance de l’Etat d’Israël. Aujourd’hui le Conseil des Eglises du Moyen-Orient (CEMO), basé à Chypre, regroupe toutes les Eglises, même les Eglises très minoritaires. Il arbitre à l’occasion entre de petits conflits locaux – en Terre Sainte notamment – qui ne menacent pas une réalité oecuménique considérée, de l’avis général, comme exemplaire. En pointe encore, le mouvement oecuménique en Océanie. Ainsi, à Rivière Salée, dans le diocèse de Nouméa (Nouvelle-Calédonie), les chrétiens disposent-ils d’une église oecuménique ouverte au culte : ils peuvent s’y rassembler entre membres de chaque confession ou tous ensemble.

En Europe enfin, l’Eglise catholique ne fait pas partie de la Conférence des Eglises européennes (KEK). Sur le vieux continent aussi, l’oecuménisme, bien que réalité tangible, reste à construire. (apic/jcn/pr)

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