Pakistan: Modification du système électoral sur la base confessionnelle
Lahore, 18 janvier 2002 (APIC) Les minorités chrétiennes du Pakistan expriment leurs satisfactions à la suite de l’annonce du gouvernement de l’abolition du système électoral sur une base confessionnelle. La modification sera en vigueur dès les prochaines élections générales prévues pour le mois d’octobre 2002.
D’après le système désormais aboli, les citoyens élisaient leurs propres représentants politiques sur la base de leur appartenance religieuse. Les minorités non musulmanes ne pouvaient ainsi voter que pour un nombre restreint de candidats, et seulement pour des candidats appartenant à leur propre religion.
Le gouvernement a repris le système électoral prévu par la Constitution de 1973. L’annonce en a été faite le 16 janvier par le général Tanveer Hussain Naqvi, chef du Bureau pour la reconstruction. Il a indiqué aussi d’autres mesures: l’augmentation du nombre des sièges à pourvoir au parlement, qui passe à 350; 60 sièges sont réservés aux femmes, et 25 à des experts. Il faudra avoir au moins le baccalauréat pour pouvoir se présenter comme candidat à l’Assemblée nationale.L’enthousiasme est grand dans l’Eglise Catholique et chez les intellectuels.
Mgr Lawrence Saldanha, Archevêque de Lahore et Président de la Commissions Justice et Paix, déclare dans un communiqué : «Cette décision renforcera la démocratie dans le pays», a estimé Mgr Lawrence Saldanha, archevêque de Lahore et président de la Commission Justice et Paix
«Le système était la cause de tous les problèmes des minorités», a pour sa part déclaré Yastiob Ali, membre de l’Advisory Council de Lahore, un organisme dont font partie des chrétiens, des hindous, des sikhs, des bahais et des parsis. Pour Ali Dogar, le système qui vient d’être repris garantit les droits des minorités et de la majorité. «Avec la solution de cette question épineuse, de nombreux problèmes seront automatiquement éliminés. Ceux qui appartiennent à des minorités religieuses font désormais partie du pays».
Nombreuses autres réformes
Le plan gouvernemental prévoit aussi une réforme des écoles, les madrase où ont été formés les Talibans, en y introduisant l’informatique, les mathématiques et la langue anglaise.
Depuis longtemps déjà, les chrétiens dénonçaient le caractère inique de l’ancien système électoral. En 2001, de nombreuses organisations de la société civile avaient organisé des manifestations, et avaient sensibilisé les citoyens en vue d’obtenir leur appui pour demander son abolition. Pendant les élections administratives de 2000-2001, ils avaient lancé une campagne de rencontres et de manifestations, et en étaient même arrivés à boycotter les élections.
Les trois premières élections générales au Pakistan, en 1954, en 1970 et en 1977, s’étaient déroulées avec le système de l’électorat libre. La division de l’électorat selon la religion a été introduite en 1979, et appliquée pour la première fois pour les élections générales de 1985 par le général Zia-ul-Haq, afin de se gagner la faveur des intégristes islamiques.
Le Pakistan a une population de 140 millions d’habitants environ, et est musulmane à 97%. Sur les 3% que constituent les minorités religieuses, les chrétiens représentent 1,6%.
Activités des écoles coraniques sous surveillance
La police pakistanaise a commencé à contrôler l’activité des responsables religieux des mosquées et la situation des étudiants étrangers vivant dans les madrassas (écoles coraniques) de la province de Sindh (sud), a-t-on en outre appris mercredi auprès des autorités locales. La situation des quelque 11’000 étudiants étrangers, qui habitent depuis plusieurs années dans environ 2’100 madrassas, est actuellement en cours d’examen par la police, a indiqué un responsable de la police de cette province, Mukhtar Sheikh.
Les musulmans étrangers doivent satisfaire aux exigences du gouvernement concernant leur séjour dans le pays, faute de quoi ils seront expulsés vers leur pays d’origine, a dit le responsable de la police. Le gouvernement a aussi décidé d’enregistrer les sermons du vendredi des responsables religieux dans les grandes mosquées.
«Si un responsable religieux est convaincu d’avoir fait un sermon diffusant la haine de l’Etat ou promouvant l’extrémisme, la mosquée ou la madrassa sera placée sous scellés et son responsable sera poursuivi conformément à la loi antiterrorisme», a enfin Mukhtar Sheikh. (apic/fs/ag/pr)
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