Hong Kong: Appel à l’ONU contre le verdict de la Cour sur le droit d’asile
Hong Kong, 20 janvier 2002 Des milliers de Chinois, qui ont perdu leur bataille légale pour le droit de résidence à Hong Kong, feront appel à l’ONU. Le verdict du 10 janvier émis par la Cour d’appel de dernière instance de Hong Kong décrète qu’une grande partie des 5’000 Chinois, qui ont présenté une demande pour obtenir la résidence dans l’ancienne colonie, devront retourner en Chine continentale à la fin du mois de mars. 500 personnes seulement pourront rester. Les protestants et la commission catholique « Justice et Paix » appellent au calme. Pour protester contre cette décision, Mgr Zen Ze-Kiun, évêque coadjuteur de Hong Kong, a décidé de boycotter une réunion officielle.
L’avocat Maître Robert Brook, qui défend de nombreux immigrés, a annoncé qu’il ferait parvenir une pétition au secrétaire Général de l’ONU, Kofi Annan. La lettre demande l’intervention de l’ONU sur le gouvernement de Hong Kong, étant donné qu’il y a une violation flagrante de droits fondamentaux.
Cette affaire dure depuis deux ans. Au mois de janvier 1999, une disposition de la Cour d’appel garantissait le droit d’asile aux immigrés chinois qui avaient au moins un parent résident permanent à Hongkong. Cinq mois plus tard, le gouverneur de Hong Kong, Tung Chee-hwa, dans la crainte d’une invasion d’immigrés, a demandé à une commission permanente du Congrès National du Peuple en Chine de revoir une partie importante de la Basic Law, la mini-Constitution de Hong Kong. La Commission, annulant la sentence de la Cour, déclara que tous ceux qui étaient nés en Chine avant que leurs parents n’obtiennent la résidence à Hong Kong, n’avaient aucun droit ou titre de rester dans l’ancienne colonie. Après le recours présenté par les immigrés à la Cour d’appel de dernière instance, le verdict du 10 janvier a confirmé que ceux qui demandaient l’asile étaient sujets à l’interprétation restrictive donnée par le Congrès de Pékin au mois de juin 1999.
La Cour a admis que les immigrés avaient un « désir légitime »: être traités comme ceux dont la demande de résidence avait été acceptée au mois de janvier 1999. Mais elle a décidé que, si l’on considérait comme valable ce désir, on risquait de devoir admettre 600’000 personnes à Hong Kong, ce qui bouleverserait la politique d’immigration du gouvernement.
Manifestations
Après la sentence, des sentiments divers et opposés se sont manifestés chez les immigrés, triomphe et désespoir. Les uns criaient, les autres pleuraient. Nombre d’entre eux ont attendu le verdict devant la Cour, d’autres priaient à la cathédrale anglicane Saint Jean. Des représentants de la Commission « Justice et Paix » et d’autres associations ont invité les gens au calme. Dans la cathédrale, les avocats ont expliqué les dispositions de la Cour. A présent, des centaines de militants organisent des protestations publiques.
« La politique d’immigration du gouvernement est confuse, et les fonctionnaires ne maintiennent pas leurs promesses », a déclaré le jeune Lam Kang-min, âgé de 20 ans, qui est parmi ceux qui ont perdu cette bataille sur la résidence, à la différence de sa soeur, Ming-sing, âgée de six ans, qui pourra rester à Hong Kong avec ses parents. (apic/fs/pr)
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