Suisse à l’ONU: Les évêques suisses renouvellent leur soutien à cette adhésion
Fribourg, 21 janvier 2002 (APIC) Les évêques suisses soutiennent l’adhésion de la Suisse à l’ONU. La question sera soumise aux citoyens le 3 mars prochain. «Comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises, nous, évêques, soutenons expressément cette adhésion. Bien qu’imparfaite, l’ONU est aujourd’hui l’instrument le plus adéquat pour préserver et bâtir la paix mondiale, promouvoir la justice entre les peuples et trouver des solutions aux problèmes de l’humanité, comme la dégradation de l’environnement», estime la Conférence des évêques suisses (CES).
En prenant cette position, «nous nous savons unis à l’enseignement de l’Eglise universelle. De Jean XXIII à Jean Paul II en passant par Paul VI, les papes ont reconnu et soutenu le travail de l’ONU dans leurs encycliques et leurs messages à l’Assemblée générale des Nations Unies. Le Concile Vatican II a recommandé la collaboration avec les organisations internationales, demandant que les fidèles ’conscients de leur responsabilité humaine et chrétienne, travaillent à susciter le désir d’une généreuse coopération avec la communauté internationalé».
Six années plus tard, écrit la CES dans un commniqué, le deuxième synode des évêques souhaitait que «les Nations Unies» – qui, en raison de leur fin propre, doivent promouvoir la participation de toutes les nations – et les organisations internationales soient appuyées. Enfin, relèvent les évêques, le catéchisme de l’Eglise catholique constate que le bien commun universel découlant de l’unité de la famille humaine «appelle une organisation de la communauté des nations capable de pourvoir aux divers besoins des hommes».
Aujourd’hui, observent encore les évêques, seuls l’Etat du Vatican et la Suisse restent observateurs au sein des Nations Unies. Jean Paul II a, en 1979 déjà, expliqué pourquoi la mission purement spirituelle du Vatican empêchait celui-ci d’adhérer. Pour la Suisse il en va tout autrement, estiment les prélats. «Elle est un Etat à part entière apte faire partie de la communauté des nations. Elle trahirait sa tradition humanitaire si elle renonçait à participer aux décisions qui sont prises aux Nations Unies».
La neutralité n’est plus un obstacle
«Oui, «ne repoussez pas trop loin vos frontières», mais n’hésitez pas à regarder par-dessus elles, faites vôtres les soucis des autres peuples, tendez par-dessus vos frontières une main secourable» avait lancé le Pape Jean Paul II au Flüeli le 14 juin 1984 en faisant référence à saint Nicolas.
Pour la CES, même la neutralité n’est aujourd’hui plus un obstacle. Si à ses débuts l’ONU pouvait encore apparaître comme une organisation de vainqueurs, elle regroupe maintenant l’ensemble des pays. Invoquer la neutralité pour refuser l’adhésion reviendrait à isoler davantage notre pays. «La prospérité et la sécurité des habitants de la Suisse dépendent de moins en moins de ce qu’un seul petit Etat peut réaliser, mais de plus en plus de ce qu’entreprend la communauté mondiale pour la paix et l’environnement. La question n’est donc plus de savoir si la Suisse doit adhérer ou non à l’ONU, mais si elle peut encore se permettre de rester à l’écart». (apic/
La CES avait déjà clairement manifesté son soutien en faveur d’une adhésion de la Suisse à l’ONU. Notamment le 8 septembre 2000, lors de la procédure de consultation du Conseil fédéral, ainsi que plus récemment, au terme de la 254ème assemblée de la CES, le 6 décembre dernier. Une prise de position du reste partagée par la Fédération suisse des Eglises protestantes de Suisse (FEPS)
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