Alexandrie: Des leaders religieux dénoncent le meurtre d’innocents au nom de Dieu
Alexandrie, 22 janvier 2002 (APIC) Le meurtre d’innocents au nom de Dieu est une profanation, peut-on lire dans une «Première Déclaration d’Alexandrie pour la paix à Jérusalem et en Terre Sainte» approuvée lundi dans la métropole égyptienne d’Alexandrie par un groupe de leaders religieux juifs, chrétiens et musulmans.
Cette déclaration en sept points, la première du genre, a été qualifiée d’»historique et sans précédent» lors d’une conférence de presse à l’Hôtel Sheraton d’Alexandrie présidée par le primat anglican George Carey, archevêque de Canterbury. Elle a été envoyée au président Arafat pour approbation avant sa signature par la délégation palestinienne.
Les leaders religieux, inspirés par l’»esprit d’Assise», s’engagent à user de leur autorité morale et religieuse pour mettre un terme à la violence et relancer le processus de paix. La déclaration commune publiée lundi par le groupe de responsables religieux israéliens, palestiniens et égyptiens, condamne «les meurtres d’innocents au nom de Dieu».
Attentats-suicide condamnés
«Si l’on se réfère à nos traditions religieuses, tuer des innocents au nom de Dieu constitue une profanation de Son Saint Nom et diffame les religions dans le monde», affirme la déclaration des responsables religieux palestiniens, israéliens et égyptiens, réunis depuis dimanche dans la métropole égyptienne. Cette condamnation vise notamment les attentats- suicide au Proche-Orient. Selon un représentant de l’archevêque Carey, il s’agit de la première déclaration commune sur ce sujet signée par des représentants de ces trois religions monothéistes.
Les participants ont étudié des initiatives concrètes destinées à mettre fin à la violence et à relancer le processus de paix israélo- palestinien. Ils sont parvenus à une déclaration commune condamnant la violence et l’usage de la religion comme moyen d’inciter à la violence. La réunion, dont les préparatifs ont duré des mois, avait été maintenue secrète pour éviter qu’elle ne soit annulée sous les pressions de divers côtés.
Inventer un nouveau langage entre les religions
Certaines clauses de la Déclaration d’Alexandrie, bien que signées par les représentants des trois religions, peuvent être interprétées de diverses manières. Ainsi, on peut lire que le caractère sacré et l’intégrité des lieux saints doivent être préservés, et la liberté de célébrer le culte doit être assuré à tous. A la question de savoir si les juifs pouvaient accéder à l’Esplanade des Mosquées – que les juifs appellent le Mont du Temple -, Cheikh Abdulsalam Abu-Shkhaidem, mufti de la police palestinienne, interrogé par le quotidien israélien «The Jerusalem Post», a répondu par la négative. «Je ne vais pas prier dans l’église ni dans la synagogue. Je prie à ma place, et ils prient à la leur. Cela signifie: donne-moi l’accès à ma mosquée et je ne vais pas t’empêcher d’aller dans ton église ou ta synagogue.» Pour les musulmans, tout le Mont du Temple est une mosquée. A de nombreuses reprises, les Israéliens ont empêché, sous prétexte de sécurité, les musulmans des territoires occupés de se rendre à la prière du vendredi.
L’archevêque Carey a déclaré qu’un Comité permanent sera mis sur pied pour chercher des solutions à des problèmes comme l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem ou la dispute sur la construction de la mosquée de Nazareth. Le rabbin Melchior a relevé pour sa part que jusqu’à maintenant la religion était plutôt considérée comme un mal par beaucoup pour avoir servi de prétexte à dresser les gens les uns contre les autres. Et le vice-ministre d’affirmer qu’»il ne peut y avoir de paix entre Palestiniens et Israéliens s’il n’y a pas un nouveau langage entre nos religions. Le but de cette conférence est de commencer à créer ce nouveau langage». (apic/orj/jpost/be)
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