Berne: Les Eglises protestantes et le DFAE en dialogue sur la politique extérieure
Berne, 22 janvier 2002 (APIC) Une délégation de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), de l’Entraide protestante suisse (EPER) et de MISSION 21 a abordé le 21 janvier des problèmes de politique extérieure avec le conseiller fédéral Joseph Deiss et des diplomates du Département fédéral des affaires extérieures (DFAE). L’adhésion à l’ONU était à l’ordre du jour, ainsi que le dialogue des civilisations après les attentats du 11 septembre et les relations de la Suisse avec l’Afrique du Sud.
Les délégués des Eglises protestantes ont suggéré un renforcement du dialogue entre Eglise et Etat sur les questions de politique extérieure. Eglises et Etat sont proches dans leur attitude face à l’adhésion de la Suisse à l’ONU, affirme la FEPS dans un communiqué diffusé au terme de la rencontre. La dernière rencontre avec le DFAE, en octobre 2000, l’avait déjà démontré.
Les Eglises et les oeuvres d’entraide ont, à travers leur activité humanitaire, d’excellents canaux de communication à la base en Chine, en Indonésie et en Afrique du Sud, a souligné le pasteur Wipf, président du Conseil de la FEPS. Ce sont là des connaissances que, de l’avis des Eglises, les autorités fédérales pourraient mettre encore mieux à profit. Le « clash of civilisations » qui menace constitue pour l’Eglise et l’Etat un nouvel appel à affronter le manque de tolérance religieuse et sociale
Le DFAE salue l’idée d’une commission pour les questions de droits humains, que la FEPS a co-initiée, a affirmé le conseiller fédéral Deiss, tout en soulignant que ses compétences par rapport à d’autres commissions (par ex. femmes et racisme) doivent être clairement délimitées.
Afrique du Sud, un dossier délicat
Les participants à l’entretien ont été d’accord pour estimer contre- productives d’éventuelles plaintes collectives d’Afrique du Sud contre des entreprises suisses. Ils estiment que les problèmes sociaux et économiques du Cap pourraient être abordés plus efficacement par un travail de réconciliation et de développement.
De plus, les autorités fédérales espèrent une pratique libérale pour l’ouverture des archives, les banques suisses aussi ayant donné des signaux positifs à ce sujet. Le Parlement a certes refusé la création d’une commission comme celle instaurée pour l’holocauste, FEPS et DFAE attendent toutefois des résultats essentiels du projet 42+ du Fonds national. « Nous ne serions pas des Eglises si la réconciliation n’était pas importante pour nous, mais il faut aussi voir qu’il s’agit de vérité », a lancé le pasteur Thomas Wipf.
Russie: Plainte pénale contre des textes antisémites diffusés par un diocèse orthodoxe
Première confrontation entre la justice et l’Eglise majoritaire
Iekaterinbourg, 22 janvier 2002 (APIC) Une plainte pénale a été déposée contre le diocèse orthodoxe d’Iekaterinbourg (anciennement Sverdlovsk), dans l’Oural, pour diffusion de textes antisémites. C’est la première fois depuis la chute du communisme que le Procureur général de la Fédération de Russie s’en prend à l’Eglise orthodoxe russe.
Suite à des plaintes répétées de plusieurs ONG de la région de Sverdlovsk, le bureau du Procureur a ouvert une enquête criminelle visant la vente d’un livre à teneur antisémite écrit par un prêtre de l’époque tsariste.
L’enquête pour incitation à la haine ethnique, raciale et religieuse a débuté il y a trois semaines. Elle porte sur la vente, par le diocèse d’Iekaterinbourg, d’un livre du Père Sergei Nilus, un prêtre de la période tsariste, ainsi que sur le journal du diocèse contenant des textes de portée antisémite. Les autorités du diocèse d’Iekaterinbourg ont déclaré, pour toute réponse, que « les écrits du Père Nilus ne prennent pas les juifs pour cible ».
Mikhail Oshtrakh, fondateur de l’organisation de soutien à la culture juive « Atikva », souligne que Sergei Nilus traite ouvertement les juifs « d’Antéchrist et d’ennemis du christianisme ». Oshtrakh précise que « les croyants perçoivent ces propos comme un enseignement doctrinal ». Mikhail Oshtrakh rappelle que l’antisémitisme n’est pas une nouveauté en Russie. Il reconnaît qu’il n’y a plus d’antisémitisme officiel dans la Russie d’aujourd’hui, mais que les préjugés demeurent. Il dénonce la passivité des autorités dans ce domaine, rappelant que des textes violemment antisémites sont vendus dans la rue. (apic/ap/sh)
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