Les menaces contre Digna Ochoa ont été ignorées
Mexico, 22 janvier 2002 (APIC) Le gouvernement mexicain a ignoré les menaces contre Digna Ochoa, une avocate des droits de la personne, qui a été abattue dans son bureau de Mexico en octobre de l’an dernier. Telles sont les conclusions d’un rapport officiel daté du 13 janvier.
Dans ce rapport, le bureau du procureur général accuse le Ministère de l’intérieur «d’omissions injustifiées» dans son enquête sur les menaces de mort que Digna Ochoa avait signalées à la police en septembre 2000. Le Ministère «a agi avec précipitation» en classant la plainte déposée par la victime et «en ne s’acquittant pas de façon efficace des obligations liées à son mandat», souligne le rapport.
Le document suggère que 10 représentants du Ministère de l’intérieur et de la police fassent l’objet d’une enquête pour avoir ignoré les menaces signalées par Digna Ochoa.
Jusqu’à l’an 2000, cette ancienne religieuse dominicaine, était à la tête de la section juridique du Centre des droits Miguel Augustin Pro Juarez (centre PRODH), organisation liée aux jésuites, dans la capitale mexicaine. Pendant des années, elle a pris fait et cause pour les défenseurs de l’environnement, les leaders autochtones et certains sympathisants de la guérilla opposés aux militaires.
Digna Ochoa avait été plusieurs fois menacée de mort et elle avait été agressée à deux reprises par des hommes non identifiés qui l’avaient interrogée et torturée. Pour Edgar Cortez, directeur du centre jésuite, l’attitude du gouvernement décrite dans le rapport du procureur général «montre le manque de respect et l’indifférence structurelle dont le système judiciaire fait preuve envers les défenseurs des droits».
Responsabilité du gouvernement mexicain
Le fait de rejeter la responsabilité sur des agents particuliers est trompeur, ajoute Edgar Cortez. «C’est le gouvernement mexicain qui est directement responsable de la mort de Digna Ochoa, qu’il aurait pu protéger en menant une enquête efficace.»
Selon un membre de la Commission «justice et droits de la personne» du Congrès mexicain, Gustavo Buenrostro Diaz, les révélations du procureur général ne peuvent se substituer à la vérité sur les auteurs de l’assassinat. «Ce ne sont pas des explications que nous voulons, mais des résultats. Nous voulons savoir qui a tué Digna Ochoa, et pourquoi elle a été tuée.» L’enquête du gouvernement est «incomplète et lente».
Un rapport publié en novembre dernier par la Commission gouvernementale des droits de la personne a corroboré ce qui avait été longtemps suspecté à Mexico, mais jamais prouvé: au moins 275 personnes avaient «disparu», enlevées de force par des agents de l’Etat entre 1970 et 1985, et n’avaient jamais été retrouvées. Le président mexicain Vicente Fox a nommé un procureur spécial afin d’enquêter sur ces cas. (apic/eni/bb)
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