Assise, où le rendez-vous des cinq continents

Encadré

Les dignitaires religieux ont affirmé côte à côte dans la ville de naissance de saint François, que toutes les religions doivent apporter paix, pardon, vie et amour à l’humanité. Au total, pas moins de 44 délégations religieuses se sont rassemblées autour du pape, estimait il y a quelques jours «L’Avvenire», le journal de la Conférence épiscopale italienne.

Côté catholique, 33 cardinaux avaient confirmé leur présence, dont le secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Angelo Sodano, le préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Giovanni Battista Re, et le président émérite du Conseil pontifical Justice et Paix, le cardinal Roger Etchegaray. Etaient également à Assise les trois cardinaux organisateurs de la rencontre: François-Xavier Nguyen Van Thuan, président du Conseil pontifical Justice et Paix, Francis Arinze, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Enfin, des représentants de quelques épiscopats jouant un rôle important dans le dialogue interreligieux – comme l’Algérie, l’Angola, les Philippines, l’Indonésie, le Pakistan, le Nigeria, le Rwanda et le Soudan – devraient venir à Assise. Pour la Suisse, à noter la présence de Mgr Amédée Grab, président de la Conférence des évêques de Suisse, en sa qualité de président des Conseils européens des Conférences épiscopales.

Les Eglises orthodoxes étaient pour leur part représentées par 11 patriarches, guidés par le patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomée Ier et les patriarches d’Antioche, d’Alexandrie et de Bulgarie. Ils figuraient aux côtés des métropolites Ibrahim d’Alep et Barsamian de l’Eglise apostolique arménienne et du catholicos Choloyan de Cilicie.

Du côté de l’islam, secoué à plus d’un titre après les événements du 11 septembre, puis de la guerre en Afghanistan, plus de 50 leaders et représentants ont effectué le déplacement, venant du Pakistan, d’Arabie Saoudite, du Liban, d’Israël, des Philippines, de Jordanie – dont le frère du roi Hassan II de Jordanie -, d’Egypte et d’Iran. Les grands rabbins de France, de Rome et des Etats-Unis ont quant à eux représenté leur religion, avec le rabbin David Rosen de Jérusalem, président du Conseil international des chrétiens et des juifs

.Le secrétaire général du Conseil ?cuménique des Eglises (COE), Konrad Raiser, l’évêque anglican Richard Garrard, Mgr Younan de la Fédération luthérienne mondiale, Setri Nyomi de l’Alliance mondiale des Eglises réformées, George Freeman du Conseil méthodiste mondial, Cecil Robeck pour les pentecôtistes, Alvin Jackson des disciples du Christ, Theodor Angelou de la Fédération baptiste européenne, et Bert Beach, adventiste du septième jour, pour ne citer que quelques noms complétaient le large éventail de personnalités, encore présentes, dont les bouddhistes – représentés par un proche du Dalaï Lama -, ainsi que des délégués du jaïnisme, du sikhisme, de l’hindouisme, du zoroastrisme et des religions traditionnelles africaines.

Encadré:

Regards croisés sur Assise

«Cette initiative spirituelle pourra ne pas avoir une incidence immédiate dans le champ politique, mais les forces spirituelles ont toujours leur poids». C’est ce qu’a affirmé, en marge de la journée d’Assise, le musulman Kamel Al Sharif, secrétaire général du «International Islamic council for Da’wa and relief». Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens souhaite quant à lui, que l’on «encourage les tendances pacifiques et modérées du monde musulman».

Interrogé par le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, Avvenire, dans son édition du 24 janvier, Kamel Al Sharif, secrétaire général d’une des plus importante organisation internationale islamique, a affirmé que «les critères politiques sont différents des critères spirituels et se fondent sur des intérêts, sur la souveraineté nationale et sur d’autres concepts matériels». Ainsi, selon lui, «cette initiative spirituelle pourra ne pas avoir une incidence immédiate dans le champ politique, mais les forces spirituelles ont toujours leur poids».

«Le remède contre les guerres et les conflits militaires, a-t-il ainsi poursuivi, est de purifier les coeurs et les consciences pour se concentrer sur l’objectif de la paix, pour éliminer les racines de l’injustice et pour éradiquer les tentations de violences».

Par ailleurs, pour lui comme pour les autres musulmans présents, le choix d’Assise «est très significatif». Kamel Al Sharif – qui était déjà présent en 1986 – a tenu à rappeler que «le saint d’Assise a été un des premier à inviter les hommes de différentes religions au dialogue. Durant les croisades, il a ouvert un passage entre les deux camps rivaux afin de rencontrer le Sultan et de l’inciter à chercher la paix».

Interrogé enfin sur les relations des musulmans avec les juifs, Kamel Al Sharif a fait remarquer que, «malgré l’admiration du Coran pour la figure de Moïse, nous constatons avec mauvaise humeur que les juifs instrumentalisent la religion à des fins politiques et occupent une terre qui ne leur appartient pas». «Mais nous n’avons jamais boycotté une rencontre interreligieuse à cause de la présence des juifs, a-t-il précisé, ils sont libres de donner leur opinion, et nous aussi».

Dans le même quotidien, le cardinal Kasper a insisté sur la nécessité «d’encourager les tendances pacifiques et modérées du monde musulman sans céder à la tentation d’une opposition entre les cultures qui ne peut avoir que des effets négatifs». (apic/imed/pr)

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