Le HCR a été victime d’un réseau criminel de corruption au Kenya

Genève: Une enquête interne à l’ONU le démontre

Genève, 25 janvier 2002 (APIC) Le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a été victime d’un réseau criminel au Kenya. Des documents du HCR ont notamment été monnayés pour permettre à des réfugiés de se rendre à l’étranger, a établi une enquête interne de l’ONU. Les pots-de-vin pouvaient atteindre 6’000 dollars.

« L’ONU et l’une de ses principales institutions spécialisées, le HCR, ont été confrontées à la triste réalité d’une exploitation par une association de malfaiteurs », peut-on lire dans le rapport du Bureau des services de contrôle interne. Les pots-de-vin exigés allaient de 1’500 à 6’000 dollars par réfugié.

Jusqu’à présent, les autorités kenyanes ont arrêté neuf personnes, à savoir trois employés locaux du HCR, deux membres d’une ONG africaine et quatre autres personnes. Une procédure pénale est en cours.

Le réseau criminel, au sein duquel oeuvraient trois fonctionnaires du HCR, regroupait quelque 70 personnes. Il soutirait de l’argent aux réfugiés cherchant désespérément de l’aide en échange des services du HCR en réalité gratuits.

Les pratiques dénoncées remontent jusqu’à 1998. Le Kenya abrite plus de 250’000 demandeurs d’asile et réfugiés, pour la plupart de Somalie, du Soudan, d’Ethiopie et du Rwanda, regroupés dans les camps de Kakuma et Dadaab.

Les conclusions sont très sévères pour le HCR, qui « a manqué envers ses obligations. Le rapport d’enquête de l’ONU relève « des signes flagrants d’absence de gestion », les dossiers étant dans le plus grand désordre. Le personnel d’encadrement, y compris le siège à Genève, n’a pas réagi devant les indices de corruption.

9’000 personnes lésées en 2000

L’ONU dénonce ce réseau criminel qui a non seulement impliquait le trafic des êtres humains mais qui encore faisait payer les services du HCR, normalement gratuits.

C’est la première fois dans l’histoire de l’ONU que la formule d’une équipe spéciale d’enquête multinationale a été utilisée pour lutter contre une menace émanant d’une association de malfaiteurs. Cette équipe spéciale a été constituée avec l’aide des Etats membres les plus touchés, l’Australie, le Canada, les Etats-Unis, le Kenya et le Royaume-Uni.

L’Equipe de l’ONU a pu fournir, en trois mois, la preuve d’une affaire criminelle impliquant des ressortissants de plusieurs pays et concernant des millions de dollars extorqués aux réfugiés. Si bien, selon Dileep Nair, Secrétaire adjoint aux services de contrôle interne de l’ONU, il est impossible d’estimer combien de personnes ont été victimes lors de cette opération et combien d’argent a été volée. L’enquête laisse toutefois voir que 9’000 personnes ont été transportées dans l’an 2000 depuis le Kenya. (apic/ag/iac/pr)

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