«Notre démocratie est fondée sur la violence»
La Paz, 31 janvier 2002 (APIC) La Conférence des religieuses et des religieux de la Bolivie s’est à nouveau exprimé face à la grave crise économique qui afflige des milliers de familles en Bolivie. «Notre démocratie, déplorent-ils, est fondée sur la violence». Les religieux et religieuses dénoncent l’opulente minorité qui garde jalousement ses propres richesses et le pouvoir, en recourant à tous les moyens pour le conserver.
Dans une lettre rendue publique, les religieux et les religieuses boliviens relèvent la dégradation graduelle de la situation de «ceux qui vivent dans la misère et sont éloignés de tout, ceux qui perdent leurs emplois et n’ont pas de perspectives d’avenir. Il s’agit de la majorité des boliviens, qui se trouve dans l’obligation de cohabiter avec une minorité qui garde jalousement ses propres richesses et le pouvoir, en recourant à tous les moyens pour le conserver».
Malgré ses promesses répétées, le gouvernement est incapable de lutter contre la pauvreté et la corruption, il est sur la défensive, prêt à exclure toute voix en dehors du ch?ur. Il persécute implacablement et prive de liberté qui n’a pas les moyens de défendre sa propre innocence alors que les vrais coupables jouissent de l’impunité et semblent intouchables».
Le texte de la conférence des religieuses et des religieux condamne fermement la violence «qui désormais est le pain quotidien des boliviens». «Notre démocratie semble fondée plus sur les armes et la répression que sur le dialogue et l’équité. Rien n’est aussi éloigné des idéaux démocratiques que l’usage aveugle de la violence pour faire cesser un conflit et pour arriver à une ’paix’ faite de silence et de mort. Un gouvernement qui n’accepte pas la contestation ne peut trouver de consensus autour de ses politiques sociales et s’apparente dangereusement avec un régime autoritaire».
«Nous ne pouvons continuer à assister à un processus politique et social qui bafoue notre dignité et nous rend totalement incapables de croire à la démocratie et à un futur meilleur pour notre pays. Nous croyons qu’il est nécessaire de redonner à tous les citoyens le droit à la vie et seule cette justice sera en mesure de jeter les bases d’une réconciliation nationale» dit enfin le texte.
Les religieuses et les religieux demandent à ce «qu’aucune voix ne soit réduite au silence pour pouvoir construire qui un système qui intègre, au lieu d’un système qui exclu, comme c’est le cas actuellement pour la plupart des boliviens. Nous gardons l’espoir en un futur meilleur, mais nous sommes conscients que ce futur est une destination qui nécessite la contribution de tous et de chacun. (apic/mna/pr)
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