Chine: Réactions mitigées et méfiance face aux déclarations sur la place des religions
Pékin, 5 février 2002 (APIC) Les récentes déclarations des dirigeants chinois sur l’administration des religions suscitent des commentaires mitigés chez bon nombre de catholiques. Les « clandestins », qui pourraient être reconnus sans passer par le contrôle des Associations patriotiques, demandent d’abord que soit réglée la question de la relation entre Pékin et le Vatican.
La réunion des 10, 11 et 12 décembre dernier qui s’est tenue à Pékin et qui a rassemblé les sept membres les plus importants du Bureau politique du Parti communiste commence à susciter des commentaires de la part des milieux concernés. Les dirigeants chinois ont en effet abordé la place des religions dans la société chinoise actuelle. Selon certaines sources, ils envisageraient que les mouvements religieux puissent obtenir une existence légale sans devoir passer sous le contrôle des Associations patriotiques. Des responsables catholiques ont déclaré que tout changement devait être abordé avec prudence et qu’il était nécessaire de régler en premier lieu la question des relations entre la Chine et le Vatican, indique la revue des Missions étrangères de Paris, Eglises d’Asie (EDA).
Le Père Zhu Ruci, prêtre « clandestin » du diocèse de Mindong, dans la province du Fujian, a ainsi précisé à l’agence Ucanews que pour es catholiques clandestins de son diocèse le refus de rejoindre l’Association patriotique des catholiques chinois n’était pas un geste d’ordre politique mais religieux. Ils seraient même prêts à considérer toute proposition acceptable tant par la partie « officielle » que par la partie « clandestine » de l’Eglise.
Une fois que les relations entre la Chine et le Vatican seront normalisées et que l’Eglise sera représentée par une seule et unique conférence épiscopale, l’enregistrement des communautés « clandestines » auprès des autorités ne sera plus un problème. Avant cela, explique encore ce prêtre, l’enregistrement des ces communautés en tant qu’ »organisations de masse » est envisageable pour autant que les principes qui gouvernent l’Association patriotique ne leur soient sont pas imposés.
« Un piège tendu par les autorités »
Selon d’autres témoignages recueillis par l’agence Ucanews, la prudence, sinon la méfiance, semblent dominer chez les catholiques « clandestins » qui attendent d’en savoir plus avant de se prononcer. Pour un catholique du Shaanxi, les changements annoncés ressemblent à un piège tendu par les autorités afin d’amener les communautés « clandestines » à faire surface puis à les contraindre à rejoindre l’Association patriotique.
A Hongkong, Anthony Lam Sui-ki, chercheur au Centre d’études du Saint- Esprit, du diocèse catholique de Hongkong, estime que les changements évoqués par le pouvoir chinois paraissent plus adaptés aux communautés protestantes qu’à l’Eglise catholique. De par leur nature, les Eglises protestantes sont indépendantes les unes par rapport aux autres et peuvent donc faire enregistrer leur existence auprès des autorités civiles comme autant d’ »organisations de masse » distinctes. Pour l’Eglise catholique, l’enregistrement des groupes « clandestins » pourrait certes miner le statut de l’Association patriotique, qui exerce un réel contrôle sur l’Eglise « officielle » en de nombreuses régions de la Chine. Mais de tels changements ne disent rien de la façon dont la Conférence des évêques « officiels » se positionnerait face aux évêques « clandestins » dont les communautés seraient « officialisées ». (apic/zn/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse