Rwanda: Arrestation de Laurien Ntezimana, lauréat du Prix de la Paix de Pax Christi

Suisses mobilisés pour libérer un « apôtre de la réconciliation »

Kigali/Bruxelles/Fribourg, 6 février 2002 (APIC) La mobilisation pour la libération de Laurien Ntezimana, lauréat 1998 du Prix international de la Paix de Pax Christi International, se poursuit en Suisse et au niveau international. Arrêté sans explications le 26 janvier dernier, le théologien rwandais a été rejoint dans sa prison de Butare par deux de ses collaborateurs, Didace Muremangingo, secrétaire général de l’ »Association Modeste et Innocent » (AMI), dirigée par Laurien, et Ignace Ndayahundwa.

Les amis suisses de Laurien militent pour la libération de celui qu’ils qualifient d’ »apôtre de la réconciliation » entre Hutus et Tutsis. Il avait été en Suisse l’hôte de la campagne ?cuménique de carême en 1996. Selon leurs informations, le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, est intervenu lundi à propos de ces arrestations auprès du président rwandais Paul Kagame, l’homme fort de Kigali.

Le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, avait remis le 25 novembre 1998, à Louvain-la-Neuve, le Prix international de la Paix à deux Rwandais militant pour la réconciliation: l’abbé Modeste Mungwarareba, un Tutsi, et Laurien Ntezimana, un Hutu. Son intervention a été sollicitée ce mardi pour qu’il fasse pression au niveau de l’Eglise, au plan local et international, en faveur de la libération du directeur de l’AMI.

Une expression « fautive »

Laurien Ntezimana, un père de famille de quatre enfants âgé de 47 ans, militant engagé au service de la paix et de la réconciliation interethnique au Rwanda, a été emmené sans mandat d’arrêt samedi 26 janvier par des policiers à la Brigade de Butare. Il se trouvait dans la rue, en conversation avec une personne civile, quand il a été interpellé par des agents de police arrivés en voiture. Les motifs de leur incarcération ne sont pas connus, mais l’on craint des raisons politiques.

Il semble que ce soit l’utilisation d’un terme en kinyarwanda – « ubuyanja », qui signifie la renaissance de la force ou de l’énergie – dans « Ubuntu », le journal de l’association AMI, qui a déclenché les foudres de la répression. Le terme « ubuyanja » apparaît dans le nom d’un parti politique que l’ancien Président du Rwanda, Pasteur Bizimungu, a tenté d’organiser en juin 2001, mais qui a été réprimé.

« Menace contre la sécurité nationale »

A Bonn, le « Réseau Afrique Allemagne », qui regroupe 40 congrégations religieuses catholiques, a réclamé la libération des personnes arrêtées. Elles risquent la peine de mort si elles sont reconnues coupables de l’accusation de « menaces contre la sécurité nationale » lancée par le régime de Kigali.

En Suisse, de nombreux mouvements comme l’Action de Carême, Pain pour le Prochain, l’Action des Chrétiens contre la Torture (ACAT), l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT), Amnesty International, Pax Christi, Justice et Paix, se mobilisent pour protéger la vie des trois détenus. (apic/be)

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