Le mouvement critique prend ses distances
Innsbruck, 7 février 2002 (APIC) La plate-forme des catholiques critiques autrichiens « Nous sommes l’Eglise » s’est prononcée à Innsbruck contre les ordinations sacerdotales féminines clandestines prévues en Bavière et en Autriche. Le mouvement issu du « référendum du peuple de Dieu » affirme ne pas être à l’origine de cette initiative et ne pas la soutenir.
Le mouvement de base a pris ses distances face à l’annonce par les médias de la volonté d’une douzaine de femmes de se faire ordonner cette année encore par un « episcopus vagans », un évêque non reconnu par l’Eglise catholique mais qui peut avoir été ordonné validement. Elles se préparent en secret depuis bientôt trois ans dans un séminaire féminin.
Certes, « Nous sommes l’Eglise » s’est dès le départ prononcé pour l’ordination des femmes, et continuera à le faire. Mais « pas comme cela! », déclare la plate-forme critique. Dans la démarche en faveur des femmes prêtres, il ne faut prendre aucune mesure qui soit en contradiction avec le droit de l’Eglise actuellement en vigueur, affirme Hubert Feichtelbauer.
Comprendre l’impatience des femmes
Publiciste autrichien connu, Feichtelbauer qui préside la plate- forme, déclare comprendre « à titre personnel » les femmes qui s’impatientent face à l’attitude inflexible des plus hauts responsables de la hiérarchie ecclésiale dans ce domaine. Mais il doute que l’on puisse changer le droit canon avec des actions telles que des ordinations féminines clandestines. La plate-forme « Nous sommes l’Eglise » a mis sur pied en 1999 un parcours de formation de trois ans pour préparer des femmes en vue de ministères ordonnés dans l’Eglise catholique romaine.
Le point de départ de cette démarche est la « ferme conviction » que des femmes pourront un jour accéder au diaconat et dans une prochaine étape au sacerdoce. Mais à l’époque déjà, elle avait mis en garde contre la « voie solitaire » que pourraient emprunter des Eglises locales, alors que les conditions pour permettre le sacerdoce féminin doivent être créées au niveau de l’Eglise universelle. De l’avis de « Nous sommes l’Eglise », il est pourtant sensé d’offrir une formation aux femmes désireuses d’accéder aux ministères ordonnés, car un changement de cap de l’Eglise universelle ne devrait pas trouver les Eglises locales non préparées. Notons que le Vatican a fait savoir en septembre dernier que la préparation des femmes à des ministères ordonnés n’est pas autorisée.
L’archevêché de Munich, réagissant à l’annonce de futures ordinations sacerdotale féminines clandestines, a rappelé en début de semaine que selon la conception catholique, de telles ordinations ne sont pas valides. L’archevêché de Munich rappelle que d’après le droit de l’Eglise, seules des personnes baptisées de sexe masculin peuvent être ordonnées prêtres dans l’Eglise catholique. Cette condition ne met pas en cause le fait qu’homme et femme ont la même valeur, indique-t-on. (apic/kap/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse