Message du pape Jean Paul II

Brésil: La Campagne de Fraternité 2002 au Brésil soutient la lutte des peuples indigènes

Rome, 10 février 2002 (APIC) La traditionnelle campagne de carême de l’Eglise catholique au Brésil a cette année pour thème « Fraternité et peuples indigènes ». La Conférence nationale des évêques catholiques du Brésil (CNBB) lance officiellement sa Campagne de Fraternité le 13 février, Mercredi des Cendres, avec pour slogan: « Une Terre sans maux », reprenant un mythe ancestral des peuples indigènes du Brésil soumis aujourd’hui encore à la spoliation et à la marginalisation.

Il s’agit pour les évêques brésiliens de toujours davantage unir la dimension religieuse à la dimension sociale « parce que nous ne pouvons pas être chrétiens en se retirant du monde », comme le souligne Mgr Flavio Giovenale, secrétaire régional de la CNBB. S?ur Raimunda Soares, du Conseil indigéniste missionnaire (CIMI) rappelle que dans le seul Etat du Para, au Nord du Brésil, il y a 63 territoires indigènes démarqués, dans lesquels vivent 140 communautés indiennes de 17’000 personnes. 6’000 autres vivent dans des conditions extrêmement précaires dans les villes.

« Pour une terre sans maux »

Selon Mgr Gianfranco Masserdotti, évêque de l’Etat du Maranhao et président du CIMI, le thème de la Campagne de Fraternité de cette année, « Pour une terre sans maux », vient d’un antique mythe des indios Tupis- Guaranis parlant d’un lieu sans douleur, « où les plantes naissent spontanément, le manioc est déjà disponible en farine et le gibier se met lui-même dans les mains du chasseur ». Dans cette vision indigène, la nature est respectée et la culture de chaque peuple se place dans une harmonie universelle. « C’est le rêve des peuples ancestraux et des peuples d’aujourd’hui, un rêve que l’Eglise veut pour tous les peuples de la terre ». La Campagne de Fraternité, qui sensibilise les chrétiens brésiliens au partage et à la justice sociale durant le temps de carême, est née dans le sillage du Concile Vatican II.

L’Eglise aux côtés de ceux qui souffrent de la pauvreté et de la marginalisation

Dans un message envoyé au Secrétaire général de la Conférence épiscopale brésilienne, Mgr Raymundo Damasceno Assis, et publié le 9 février, Jean Paul II insisté sur la création d’une société où l’Eglise soit toujours aux côtés de ceux qui souffrent des conséquences de la pauvreté et de la marginalisation.

Pour Jean Paul II, le carême permet aux baptisés d’approfondir les étapes du chemin de foi. Cette rénovation spirituelle et fraternelle leur permet d’être plus proches de « leurs frères, surtout de ceux qui lancent des appels pour une plus grande justice et une plus solidarité ».

« L’Eglise sera toujours aux côtés de ceux qui souffrent des conséquences de la pauvreté et de la marginalisation, a poursuivi le pape, et tend sa main maternelle vers les peuples indigènes afin de collaborer à la construction d’une société où tous et chacun sont créés à l’image de Dieu, où leurs droits sont respectés de manière à ce qu’ils aient une vie conforme à la dignité de fils de Dieu ».

« L’Eglise veut introduire l’évangile dans les cultures des peuples, a conclu Jean Paul II, pour leur transmettre sa vérité en assumant, sans compromettre l’intégrité et la spécificité de la foi chrétienne, ce qui existe de bon dans ces cultures ». (apic/imedia/misna/cnbb/be)

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