Genève: Manifestation d’AI au Palais des Nations contre l’engagement d’enfants-soldats
Genève, 12 février 2002 (APIC) Pour marquer l’entrée en vigueur du traité international qui l’interdit l’engagement d’enfants comme soldats à travers le monde, Amnesty International (AI) a planté symboliquement, mardi 12 février, des milliers de mains rouges autour du siège des Nation Unies à Genève. La main rouge est le logo de la «Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants-soldats». Ils sont actuellement plus de 300’000 à travers le monde.
Le 12 février entre en vigueur le nouveau traité de l’ONU interdisant le recours à des enfants de moins de 18 ans lors d’hostilités. Le Protocole facultatif concernant la participation des enfants aux conflits armés a été signé jusqu’à présent par 94 Etats et ratifié par 14 autres pays. 85 pays permettent le recrutement de mineurs, entre autres les Etats-Unis et la Grande Bretagne, où l’on peut faire partie de l’armée dès l’âge de 16 ans,
Dans le cas de la Grande-Bretagne, la présence de soldats de 17 ans sur les champs de bataille n’est pas rare, une centaine d’entre eux n’en sont d’ailleurs pas revenus durant ces dernières années.
Un ancien enfant-soldat remet des dessins à Mary Robinson
Mary Robinson, Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, a appelé les Etats à non seulement ratifier le Protocole, mais également à faire des déclarations contraignantes en vue de l’appliquer.
Dans un moment plein d’émotion, Napoléon Adok, un ancien enfant-soldat qui a fait le coup de feu avec les forces gouvernementales soudanaises depuis l’âge de 14 ans, a remis des lettres et des dessins à Mary Robinson. Ils avaient été réalisés par des enfants-soldats et des enfants victimes de conflits dans le monde entier. «Je suis content de voir que le monde a finalement pris des mesures pour faire cesser l’horreur que subissent les enfants dans les zones de conflits. Tous les pays devraient ratifier ce Protocole facultatif en mémoire de millions d’enfants qui ont perdu la vie à cause de la guerre».
«Nous avons aujourd’hui franchi une nouvelle étape dans notre combat pour faire cesser l’exploitation des enfants par les militaires», a déclaré Rory Mungoven, coordinateur de la «Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants-soldats». «Le nombre croissant de gouvernements et de groupes armés qui ont adhéré à cet interdit international démontre que l’opinion internationale s’est soulevée contre ces épouvantables mauvais traitements infligés aux enfants», a-t-il ajouté.
Pour marquer l’occasion, des manifestations similaires sont organisées par la Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants-soldats au Bangladesh, en Belgique, en Colombie, en République Démocratique du Congo, en Ethiopie, en Guinée, en Irlande, en Italie, en Nouvelle-Zélande, en Norvège, au Pakistan, au Paraguay, au Pérou, aux Philippines, au Rwanda, en Tanzanie, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Ouganda, au Venezuela, au Yémen, en Zambie et au Zimbabwe. (apic/iac/sh)
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