Dialogue interrompu. « Mais cela de date pas d’aujourd’hui »
Moscou, 15 février 2002 (APIC) Le nonce apostolique de Moscou, Mgr Giorgio Zur, a confirmé jeudi 14 février l’annulation officielle par le patriarcat de Moscou de la visite du cardinal Walter Kasper à Moscou, prévue pour fin février. La décision du patriarche Alexis II fait suite à la décision du Saint-Siège de normaliser la structure canonique de l’Eglise catholique en Russie. Quant à Mgr Kondrusiewicz, il utilise un ton pour le moins direct pour expliquer l’échec, en relevant que le dialogue entre catholiques et orthodoxes est interrompu, « mais cela ne date pas d’aujourd’hui ».
Le métropolite Kyrill de Smolensk aurait dû conduire la délégation russe dans les entretiens avec le cardinal Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Il a envoyé une lettre au cardinal allemand dans laquelle il affirme que la décision du Vatican rend impossible toute négociation, et que, actuellement, « nous n’avons rien à nous dire ». Le métropolite a pris une position extrêmement rigide, confirmée dans d’autres déclarations à la télévision publique russe. Il a notamment commenté « avoir rencontré très souvent le pape de Rome » et avoir reçu de sa part de nombreuses promesses « qui ont toujours été démenties par les faits ».
La réunion extraordinaire du Saint Synode de l’Eglise orthodoxe russe, le 12 février dernier, après avoir débattu longuement et de façon animée, avait cependant évité de prendre une position de refus total, tout en accusant le Vatican de continuer à organiser une stratégie de prosélytisme catholique en Russie.
L’avis de Mgr Kondrusiewicz
Les rencontres bilatérales entre l’Eglise orthodoxe russe et les représentants catholiques du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens ont eu lieu tous les deux ans jusqu’en 1990. Depuis, elles ont pris un rythme nettement plus sporadique. L’archevêque Tadeusz Kondrusiewicz, métropolite de la nouvelle province ecclésiastique catholique russe à Moscou, a confirmé à l’agence d’information vaticane Fides que « le patriarcat a ajourné plusieurs fois de telles rencontres, y compris pour des causes extérieures à nos relations, comme par exemple la guerre au Kosovo. Mais sous cette forme, le dialogue devient impossible. C’est ce manque de disponibilité de la part des orthodoxes qui crée des malentendus: souvent, nous n’avons pas la possibilité d’expliquer officiellement notre position. Par exemple, nous proposons depuis longtemps aux orthodoxes d’organiser une table ronde sur le prosélytisme, pour éclaircir notre compréhension du phénomène que, de notre côté, nous avons toujours nié. Dans ces dernières déclarations, le patriarcat parle encore de « nombreux et continuels épisodes de prosélytisme catholique en Russie », mais les orthodoxes n’ont jamais cité un cas concret, et ils ne pourraient pas le faire parce que nos prêtres n’usent pas de cette méthode ».
L’archevêque Kondrusiewicz répète que l’institution des diocèses est un fait ordinaire et prévu, et que l’intention de la mettre en place avait été annoncée et expliquée à de nombreuses reprises aux membres du patriarcat. (apic/fs/pr)
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