L’idée du « transfert des Arabes » gagne du terrain en Israël
Jérusalem, 18 février 2002 (APIC) Selon un sondage rendu public par la presse israélienne, 37% des nouveaux immigrants seraient favorables au « transfert des Arabes », c’est-à-dire à l’épuration ethnique des territoires palestiniens et d’Israël. L’idée du « transfert des Arabes » – leur déportation au-delà du Jourdain – qui faisait encore scandale il y a quelques années, gagne du terrain chez les Israéliens.
Un sondage réalisé auprès d’immigrants en provenance d’ex-Union soviétique révèle que 36,9% d’entre eux considèrent le « transfert des Arabes des territoires » palestiniens occupés et de ceux qui vivent à l’intérieur d’Israël (environ un million de personnes, 20% de la population israélienne) comme une « solution désirable » au conflit israélo-palestinien.
15% d’entre eux sont favorables à la déportation des Arabes des seuls territoires palestiniens. 15,5%, par contre, se déclarent partisans d’une solution globale de paix incluant la rétrocession des territoires occupés et l’établissement d’un Etat palestinien. 17,5% n’ont pas d’opinion et le reste avance d’autres idées, selon le quotidien israélien « Ha’aretz ». Le sondage, mené par l’Institut Pori, a été effectué auprès de 502 immigrants présents en Israël depuis 1989.
Le Premier ministre tchèque favorable à la déportation des Arabes?
Selon la presse israélienne de lundi, les plus extrémistes des leaders israéliens ont reçu un renfort inattendu en la personne du Premier ministre social-démocrate tchèque Milos Zeman, en « visite de solidarité » en Israël. Le chef du gouvernement tchèque a vivement dénoncé l’Autorité palestinienne, tirant un parallèle entre Yasser Arafat et Adolf Hitler et affirmant qu’il ne fallait pas négocier avec les terroristes. « Le Premier ministre Ariel Sharon n’aurait pas pu trouver un supporter de sa politique plus enthousiaste que Milos Zeman », écrit lundi le quotidien « Ha’aretz ».
Justifiant la déportation de Tchécoslovaquie de 3,5 millions d’Allemands des Sudètes à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Milos Zeman a affirmé qu’avant et durant la guerre, ils représentaient la « cinquième colonne » de Hitler dans son pays. Interrogé par le quotidien israélien si, à partir du même raisonnement, Israël devait mettre sur pied un « transfert » des Palestiniens, le chef du gouvernement tchèque a déclaré que les Israéliens devraient dire aux Palestiniens: « C’est à prendre ou à laisser! ». De l’avis de Milos Zeman, les leaders de la Tchécoslovaquie et du monde avant la guerre auraient dû refuser de conduire des négociations avec les responsables allemands au sujet des Allemands des Sudètes et dire à ces derniers qu’ils n’avaient le choix qu’entre accepter les propositions ou être expulsés. Au yeux du politicien tchèque, Israël devrait faire de même. (apic/haar/be)
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