Argentine: Les évêques du pays préoccupés par la crise
Buenos Aires, 18 février 2002 (APIC) L’Argentine assiste à l’explosion d’une crise humaine, culturelle, politique, économique et sociale, écrivent les évêques argentins, préoccupés par la crise qui secoue l’Argentine.
Depuis trois ans au moins, l’Eglise avait montré du doigt les problèmes. Aujourd’hui, elle se fait pressante, pour que les différentes parties sociales se rencontrent et trouvent un accord sur des points fondamentaux pour la renaissance du Pays. Le danger réel est la désagrégation et l’anarchie totale. commente Mgr Guillermo Rodriguez Melgarejo, secrétaire de la Conférence Episcopale d’Argentine, sur la situation actuelle dans son pays.
Le prélat accompagne une partie des évêques d’Argentine en visite « ad limina » à Rome. Selon lui, il y a eu des progrès dans le dialogue, « mais nous sommes très loin encore de parvenir à un accord. Malheureusement, aucune des partis ne veut céder quelque chose; chacune veut tout pour elle ».
Où est passé l’argent?
Les tentatives se poursuivent aujourd’hui pour sortir de la crise. Mais la situation s’est aggravée en raison d’un conflit entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire: le 1° février, une sentence de la Cour Suprême de Justice a déclaré « inconstitutionnelle » le blocus des fonds décrété par le gouvernement. Tous considèrent que cette sentence des juges est un coup grave porté contre le pouvoir politique. « Si elle est indiscutable quant à sa valeur effective, elle est inopportune en raison de la situation financière du pays: les Banques ne sont pas en mesure de distribuer les 65’000 millions de dollars déposés, parce qu’elles n’ont pas d’argent (et sur ce point, des enquêtes judiciaires sont en cours, car les gens se demandent: où est passé l’argent? »
Ces dernières semaines, commente encore le secrétaire de la Conférence, des milliers de manifestants s’étaient réunis devant le Palais de Justice, en demandant la destitution de la Cour.
Après la mesure de la Cour, le président Duhalde a décrété que le blocus des dépôts bancaires restait en vigueur pendant au moins 6 mois. Mais l’incertitude politique et économique continue à faire croître le taux de chômage qui, d’après des estimations officielles, est passé à 22% de la force de travail. (apic/fs/pr)
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