Etats-Unis: Des parlementaires républicains lorgnent sur l’argent des Eglises
Washington, 19 février 2002 (APIC) L’argent des Eglises américaines comme manne électorale, telle est la trouvaille d’un groupe de parlementaires républicains conservateurs. Invoquant la sacro-sainte liberté d’expression, ils souhaitent que les Eglises soient autorisées à soutenir ouvertement un candidat et à contribuer à financer sa campagne. L’actuel statut des associations à but non lucratif attribué aux Eglises aux Etats-Unis leur interdit en effet ce genre pratique.
Depuis un article inséré en 1954 dans la loi fiscale à l’initiative du sénateur d’alors Lyndon B. Johnson, les associations à but non lucratif comme les Eglises ne sont pas autorisées à appeler à voter explicitement pour un candidat. Elles peuvent tout au plus traiter d’un sujet politique et inviter un politicien à parler. Mais, si elles s’engagent ouvertement pour ou contre un candidat, elles risquent de perdre les exonérations fiscales propres à leur statut.
Un but idéal ?
Cette campagne en faveur de l’engagement des Eglises s’inscrit dans un projet de loi plus large, celui d’empêcher des soutiens financiers trop importants au service de causes politiques spécifiques. Dans ce cadre, les associations à but non lucratif, dont font partie les Eglises, seraient autorisées à financer des candidats, mais avec une limite fixée à 20% de leur revenus.
Le républicain Walter B. Jones, principal initiateur de cette campagne, peut ainsi déclarer que le but de sa revendication sur l’engagement des Eglises n’est pas financier (puisque le projet de loi porte précisément sur une limitation), mais en faveur de leur liberté d’expression. Il est soutenu par des figures importantes de la scène religieuse des Etats-Unis, comme le télévangéliste Pat Robertson ou la très conservatrice Convention des baptistes du Sud. Ce soutien ne vient pas que des milieux chrétiens, comme en témoigne l’engagement du rabbin Daniel Lapin, du mouvement «Toward Tradition».
Les défenseurs de la séparation entre l’Eglise et l’Etat, notamment Barry Lynn, président de l’association «Americans United for Separation of Chruch and State», s’insurge contre cette proposition et déclare qu’elle est «un gigantesque échappatoire» dans le but de soutenir des candidats en dehors de tout contrôle public. Ces craintes sont qualifiées de fantaisistes par les tenants de l’initiative républicaine, notamment James Bopp Jr., du «Centre James Madison pour la liberté d’expression». (apic/washpost/sh)
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