Encadré
Les riches pays arabo-persiques du Golfe ne font pas trop mystère du soutien – économique et logistique – de l’activisme religieux en Afrique. L’Arabie Saoudite, principalement, et l’Iran, plus modestement, sont particulièrement actifs. Le royaume wahhabite, dont la politique étrangère est basée sur le respect et la vulgarisation des préceptes de l’islam et de la tradition islamique, est en effet considéré comme le principal bailleurs de fonds des mouvements islamistes en Afrique.
Les relations qu’il entretient avec les pays africains sont officiellement basées sur la consolidation de la solidarité arabo-afro-musulmane. Dans ce cadre, elle offre chaque année des bourses d’études aux pays africains musulmans, en prenant en charge les frais d’envoi, de séjour, d’hébergement et d’études de leurs ressortissants dans les écoles, instituts et universités saoudiens. Surtout, elle organise en Afrique des stages qui regroupent essentiellement d’anciens étudiants africains en Arabie Saoudite, ainsi que des enseignants africains en langue arabe recrutés par les institutions religieuses ou ONG du royaume en activités en Afrique.
Selon l’islamologue sénégalais Khadim Mbacké, ces stages de formation, où l’on parle du Coran et d’un certain enseignement de l’islam, durent plusieurs semaines. Ils portent chaque fois sur la théologie, l’histoire de la charia (ou loi islamique) et l’orientation des imams. En réalité, l’Arabie Saoudite, qui finance à coups de millions de pétrodollars la construction de mosquées, d’écoles coraniques et autres «lieux culturels», s’engouffre dans une brèche béante pour former à un islam intolérant des milliers d’étudiants, par le biais de «prédicateurs» venus en droite ligne du pays du pétrole. Mais ces fonds financent aussi et généreusement, aux dires même du gouvernement égyptien de Moubarak, les «mercenaires» et les «tueurs à gages» en provenance directe de milieux sunnites d’Arabie Saoudite et chiites d’Iran. (apic/ibc/an/pr)
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