Fribourg: «La Liberté» consacre 17 pages de son édition du 20 février à l’Afrique

Braquer ailleurs les projecteurs de l’actualité

Fribourg, 20 février 2002 (APIC) Le quotidien fribourgeois «La Liberté» consacre 17 pages de son édition du 20 février au continent africain. «Et si pour changer, on parlait de l’Afrique!», a titré le journal en première page. Des sports aux pages magazines, en passant par la régionale, la nationale et l’internationale, toutes les rubriques ont consacré plusieurs pages à ce continent. «Un geste symbolique juste pour casser le jeu des projecteurs de l’actualité constamment braqués sur les idoles du temps: les Etats-Unis, leur guerre contre le terrorisme et ses retombées au Proche- Orient», affirme le rédacteur en chef Roger de Diesbach dans son édoitorial.

«Raz-le-bol de cette actualité obligée, dictée par les événements du 11 septembre», a affirmé le rédacteur en chef de «La Liberté» à l’agence APIC. «Nous sommes toujours tributaires de quelques organes de presse en mains occidentales. L’Afrique est l’éternel parent pauvre de l’information». La réalisation de ces pages spéciales, pour Roger de Diesbach, est une façon de répondre à la charte de «La Liberté», dont un des buts est de défendre les valeurs de vérité, de justice et de liberté.

Dans son approche, le journal fribourgeois a décidé d’évoquer les problèmes africains «sans catastrophisme, angélisme, ni romantisme». Et d’informer «sans lui faire de cadeau; sans pitié non plus, cette première composante du mépris; sans cet esprit de charité qui exclut si souvent l’égalité». «Nous avons essayé de ne pas tomber dans les clichés et de laisser parler les enquêtes», précise Roger de Diesbach.

En collaboration avec des journalistes africains, des agences de presse (APIC, Infosud) et des ?uvres d’entraide (Action de Carême, Pain pour le prochain), «La Liberté» a rendu présent le continent africain dans toutes ses rubriques. Une des pages les plus remarquables de ce dossier est le commentaire des suites du 11 septembre livré par cinq personnalités africaines résidant dans le canton de Fribourg. «J’ai été émerveillé par leur esprit d’analyse», souligne Roger de Diesbach. Le prêtre congolais Emmanuel Luhumbu, curé à Torny, Middes et Châtonnaye, y affirme notamment: «Toutes ces armées européennes qui ont offert leurs services en Afghanistan pour lutter contre le mal m’ont rappelé les Africains mobilisés comme chair à canon durant les deux guerres mondiales. Est-ce que ce genre de croisade est la meilleure solution contre le terrorisme? Je ne le crois pas». Le Togolais Urbain Ahonda, étudiant en sciences sociales, commente: «Quand j’ai entendu le président Bush parler de guerre contre le terrorisme, je me suis demandé qui traquera Bob Denard, ce mercenaire qui entre aux Commores comme dans sa cuisine, y fait son coup d’Etat, tue les gens et annonce qu’il reviendra. Personne ne le traque. Il y a terroriste et terroriste.»

Rentrer au pays, c’est la honte pour les jeunes footballeurs africains

Dans la rubrique sportive, «La Liberté» analyse sur trois pages l’idéal européen des jeunes footballeurs africains. Si certains d’entre eux connaissent la réussite sur les stades occidentaux et parviennent à décrocher des contrats intéressants, voire mirobolants, le rêve peut tourner au cauchemar pour ceux qui n’ont pas répondu aux attentes des dirigeants. «Pour eux, rentrer au pays, c’est la honte», souligne un de ces footballeurs engagés actuellement «à bas prix».

Parmi les autres sujets intéressants, «La Liberté» a enquêté sur les objets d’art issus du patrimoine d’Afrique noire présents dans les musées suisses. «La Suisse devra-t-elle le restituer un jour?», se demande le quotidien fribourgeois. Une page est également consacrée aux médicaments faisant l’objet de trafics dangereux. «Un constat édifiant», «Du poison pour pas cher», affirment les auteurs du dossier. Dans une interview, le professeur d’économie Maurice Villet, de l’Université de Fribourg, présente un projet de «désendettement créatif». Les pages «magazine» abordent notamment les films africains qui tentent de se faire une place «dans le tourbillon des productions américaines et indiennes», ainsi que le succès remporté en Afrique francophone par les publications satiriques, dont «les meilleurs titres devancent d’ailleurs largement les journaux généralistes». (apic/bb)

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