Congo RDC: La base doit s’impliquer davantage dans le processus de paix
Kinshasa, 20 février 2002 (APIC) Les Congolais doivent s’impliquer davantage dans le processus de paix enclenché à la suite du Dialogue intercongolais, après la signature des Accords de Lusaka. Cet appel a été lancé le 18 février par le docteur Anatole Matusila et l’abbé Luyeye, qui ont participé du 14 au 17 janvier 2002 la Table ronde des négociations entre les parties à Bruxelles. Ils relèvent l’importance de la présence catholique lors des négociations, comme conciliateur et caution morale pour les différentes parties.
Le docteur Anatole Matusila et l’abbé Luyeye ont participé à une rencontre de restitution organisée par le Conseil pour l’apostolat des laïcs catholiques au Congo-Kinshasa (CALCC) et la commission diocésaine des Intellectuels catholiques, à l’archevêché de Kinshasa.
Le docteur Matusila, président du CALCC et placé à la tête de la société civile pour la prochaine rencontre de Sun City, en Afrique du Sud, a présenté dans les grandes lignes les conclusions de la Table ronde de Bruxelles qui a réuni les délégués de la société civile et ceux de l’opposition non armée. Il a reconnu que la rencontre de Bruxelles s’est déroulée après le succès mitigé de celle d’Addis-Abeba et le forcing de la réunion d’Abuja. A ses yeux les assises de la capitale belge ont été déterminantes en vue d’harmoniser les points de vue des parties en présence. Les négociations ont porté sur une transition de 30 mois, un parlement ouvert à toutes les sensibilités du point de vue de l’organisation administrative territoriale, une économie de marché, un appareil judiciaire indépendant ainsi qu’une armée républicaine. Lors du débat, le président du CALCC a déploré le peu d’intérêt manifesté par ses coreligionnaires et ses compatriotes aux échanges que doit susciter le processus actuel de paix en République Démocratique du Congo (RDC).
Principales religions représentées à Bruxelles
L’abbé François Luyeye a souligné pour sa part que les Eglises étaient présentes cette fois-ci à Bruxelles après avoir été écartées des assises à Gaborone et à Addis-Abeba. L’Eglise catholique s’est fait représenter par un seul délégué, à côté de ceux de l’Eglise protestante, de l’Eglise orthodoxe, de la communauté musulmane, de la communauté kimbanguiste, des Eglises de Réveil et des Eglises dites traditionnelles.
Le secrétaire général adjoint de l’épiscopat catholique a estimé que la présence des catholiques étaient importante au regard de leur participation dans les différentes composantes. La présence catholique, a-t-il relevé, a rassuré les participants par la caution morale que l’Eglise, conciliatrice et rapprochant les tendances, a apporté à ces assises. L’abbé François Luyeye a fait remarquer que tout au long de ces assises, il est demandé au Congolais de jouer à l’équilibriste intelligent qui privilégie ses intérêts sans pour autant compromettre ceux des autres parties. Il a aussi demandé aux chrétiens de suivre de près la vie à l’intérieur des partis politiques d’obédience chrétienne pour avoir chaque fois un mot à dire à leurs responsables dans le sens de la préservation des intérêts de la population congolaise. (apic/dia/bb)
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