Adéquation avec la déclaration de Drancy des évêques de France
Paris, 21 février 2002 (APIC) Le juge des référés du tribunal de Paris a refusé l’interdiction de l’affiche du film de Constantin Costa Gavras « Amen », demandée par une association proche des catholiques traditionalistes. L’affiche, a estimé le juge, « se trouve en parfaite adéquation avec à la fois le propos du film qu’elle annonce et la pensée actuelle de l’épiscopat français dans sa déclaration de repentance », rappelant la déclaration de l’Eglise de France prononcée à Drancy le 30 septembre 1997.
Jean-Claude Magendie, président du tribunal, a estimé qu’il n’existait pas de « trouble illicite » qui aurait justifié une mesure dérogatoire à la liberté d’expression. L’affiche représente une croix gammée mêlée à la croix chrétienne et met en vis-à-vis un prêtre et un officier SS.
Le film de Costa Gavras traite du silence prêté au pape Pie XII sur le sort des juifs pendant la deuxième guerre mondiale.
L’affiche « se trouve en parfaite adéquation avec à la fois le propos du film qu’elle annonce et la pensée actuelle de l’épiscopat français dans sa déclaration de repentance », dit le juge dans ses attendus. Il rappelle cette déclaration de l’Eglise de France prononcée à Drancy le 30 septembre 1997. « Aujourd’hui, disait l’épiscopat, nous confessons que le silence fut une faute, nous reconnaissons que l’Eglise de France a alors failli à sa mission d’éducatrice des consciences ».
Controverse loin d’être close
L’affiche, selon le juge Magendie, « s’inscrit dans une controverse, qui, loin d’être close, demeure l’objet d’interrogations persistantes qui habitent tout autant l’Eglise catholique que le propos de Costa-Gavras ».
Le sujet très controversé avait déjà soulevé une polémique au début des années 60 avec la publication d’un texte théâtral de l’écrivain allemand Rolf Hochhuth, « Le Vicaire ».
Le film « Amen » sort le 27 février à Paris mais l’affichage publicitaire a commencé cette semaine. La demande d’interdiction avait été déposée par l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française (Agrif), présidée par Bernard Antony, conseiller régional Front national de Midi-Pyrénées.
Cette organisation estimait que l’affiche constituait une « diffamation raciale envers les catholiques » et une « offense gratuite et inutile aux sentiments religieux ». Les autorités officielles de l’Eglise catholique ont aussi protesté contre l’affiche mais ne se sont pas jointes à la demande d’interdiction.
Constantin Costa Gavras a dit ne pas comprendre le « scandale » provoqué par l’affiche de son film, conçue notamment par Oliviero Toscani, photographe connu pour ses campagnes-chocs pour Benetton. (apic/ag/pr)
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