«L’Europe dans la pensée et dans l’oeuvre de Jean-Paul II»
Rome, 24 février 2002 (APIC) «l’Europe risque de tomber dans le relativisme idéologique et de céder au nihilisme moral», a affirmé Jean Paul II le 23 février aux participants du 3ème Forum international organisé par la fondation italienne Alcide De Gasperi, sur «l’Europe dans la pensée et dans l’oeuvre de Jean-Paul II». La rencontre, qui a eu lieu vendredi, a vu la participation d’une centaine d’hommes politiques du monde entier et de prélats du Saint-Siège et d’Europe.
Dans son discours, le pape a souligné que sa «plus grande préoccupation pour l’Europe est qu’elle conserve et fasse fructifier son hérédité chrétienne». Une préoccupation qui a été largement reprise et développée par les intervenants au Forum.
Pour Jean Paul II, «le processus de sécularisation» qui s’est particulièrement développé à partir du XVIIIème siècle, a abouti au «laïcisme et à une sécularisation agnostique et athée». Un phénomène caractérisé selon lui par «l’exclusion absolue et totale de Dieu ainsi que de la loi morale naturelle de tous les aspects de la vie humaine, reléguant ainsi la religion chrétienne aux confins de la vie privée de chacun». «N’est-il pas ainsi significatif, s’est-il alors étonné, que l’on ait retiré toute allusion spécifique à la religion, et donc au christianisme, de la Charte européenne ?» Un fait que Jean Paul II qualifie de «anti- historique et offensif vis à vis des Pères de la nouvelle Europe».
Le message chrétien, source de valeurs humaines
«C’est en vertu du message chrétien, a rappelé le pape, que se sont affirmée dans les consciences les grandes valeurs humaines de la dignité et de l’inviolabilité de la personne, de la liberté de conscience, de la dignité du travail et du travailleur, du droit de chacun à une vie digne et sûre». «Des valeurs, a-t-il poursuivi, que l’Eglise propose encore aujourd’hui à l’Europe avec une vigueur renouvelée, dans la mesure où celle- ci risque de tomber dans le relativisme idéologique et de céder au nihilisme moral, déclarant ainsi bien ce qui est mal et mal ce qui est bien». Le pape a alors émis le souhait que «l’Europe sache puiser une nouvelle sève dans le patrimoine chrétien qui lui est propre, offrant ainsi des réponses adéquates aux nouveaux défis qui se posent, surtout dans le champ éthique».
Jean Paul II a par ailleurs «constaté avec satisfaction que des pays d’Europe centrale et orientale demandent de pouvoir entrer dans l’Union», puis a souhaité que «les responsables de cette Union sache répondre à leurs désirs en montrant une certaine compréhension, dans la phase initiale, concernant l’adéquation aux conditions économiques prévues». Des conditions que le pape juge «certainement difficiles pour les économies encore faibles des pays de l’Est, sortis récemment d’un système économique différent». (apic/imed/bb)
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