Importante représentation du Vatican au Forum « De Gasperi »
Parmi les participants au Forum étaient présents, côté Saint-Siège, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Achille Silvestrini, préfet émérite de la Congrégation pour les Eglises orientales, Mgr Celestino Migliore, sous-secrétaire du Saint-Siège pour les rapports avec les Etats, ou encore Mgr Faustino Sainz Munoz, nonce apostolique à l’Union européenne.
Côté politique étaient présents l’ancien président de la République italienne, Oscar Luigi Scalfaro, le président de la chambre des députés, Pier Ferdinando Casini, le vice-président du parlement européen, Guido Podesta, le premier ministre maltais, Eddie Fenech Adami, et encore le président du parlement des Philippines, Jose De Venecia.
« L’unité de l’Europe doit savoir aller au-delà de la logique d’une union monétaire et économique », a déclaré le cardinal Giovanni Battista Re en ouvrant les travaux du 3ème Forum international Alcide De Gasperi. Donnant ainsi le ton de la rencontre, il a expliqué que « le monde a besoin, en cette époque de la mondialisation, non seulement du potentiel économique et de la technologie, mais surtout de ses valeurs qui ont leurs racines dans les deux grandes traditions chrétiennes, latine et orientale ». « Si l’Europe ne redécouvre pas sa profonde dimension culturelle, spirituelle et morale, elle ne sera pas ce qu’elle veut être, elle n’aura pas d’avenir », a-t-il ajouté.
Soulignant ensuite que Jean Paul II « suit chaque jour la situation internationale, n’hésitant pas à réagir quand il le faut », le cardinal a particulièrement insisté sur la préoccupation du pape pour l’Europe. « L’unité européenne peut avoir confiance en son avenir seulement si elle fait référence à ses racines spirituelles », a-t-il expliqué, précisant toutefois que « ces valeurs spirituelles ne sont pas assimilables à d’autres et doivent être explicitées ».
La tradition judéo-chrétienne, racine des peuples européens
« L’idée du pape est révolutionnaire, a expliqué pour sa part Pier Ferdinando Casini, président du parlement italien, parce qu’elle est universelle et qu’elle met en avant, à travers la tradition judéo- chrétienne, la racine commune des peuples européens ». « Il ne faut pas nous soustraire au défi de donner une contribution convaincue à la construction de l’Europe », a-t-il ajouté sous les applaudissements des participants. « Le choix courageux de Jean Paul II envers l’oecuménisme (.) est un des signaux les plus éloquents de la fécondité d’un enseignement précieux et qui indique la voie pour arriver au bien commun de l’Europe ».
Pier F. Casini a en outre évoqué le « regret » du pape suite à la « marginalisation des religions, non citées dans la Convention de Laeken ». « Ce fait constitue un avertissement au travers duquel le pape sollicite l’Europe à se retrouver elle-même, restant fidèle à ses propres racines chrétiennes et confirmant ainsi sa vocation centrale qui est de promouvoir la solidarité et la paix », a-t-il déclaré. « Un engagement qui n’entaille pas l’exigence moderne d’une laïcité des Etats, mais qui constitue plutôt une juste contribution au rôle incontestable que la religion a toujours assumé dans la définition de l’identité européenne ».
« Si les clochers et les cathédrales, édifiés au cours des siècles en Europe, finissent par ne servir qu’à illustrer des cartes postales affranchies avec des timbres en euro, les hommes et les femmes du Vieux continent verront leur humanité gravement appauvrie », a ajouté le cardinal Re, appelant, à l’exemple de Jean Paul II, à « un sursaut de la conscience morale ». « Les récents événements dramatiques qui se sont déroulés sur la scène mondiale montrent l’importance d’une Europe unie, capable de s’exprimer d’une seule voix (.) pour assurer la réconciliation, la justice et l’harmonie », a-t-il conclu.
Reprenant quelques instants plus tard la même idée, Mgr Celestino Migliore a, en outre, précisé qu’il revient à chaque membre de l’Union européenne de prendre ses responsabilités et de faire fructifier ses propres valeurs. Pour lui, trois valeurs essentielles peuvent contribuer à l’unité de l’Europe: la subsidiarité, le respect des « forces » en présences, ainsi que le soutien du débat démocratique. (apic/imed/bb)
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