Indonésie: Fin de la conférence international sur le trafic des clandestins
Nusa Dua, 4 mars 2002 (APIC) A l’heure où la mondialisation abolit les frontières, les pays pauvres à l’origine de l’émigration s’interrogent sur les raisons de maintenir la main d’oeuvre hors du processus touchant marchandises, capitaux et information.
Brunson MacKinley, responsable de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui a participé à la conférence internationale sur le trafic des clandestins qui s’est achevée jeudi passé en Indonésie, souligne que la mondialisation ne règle pas « le hiatus démographique » alimentant ainsi la croissance de l’immigration clandestine.
« Le hiatus démographique que constitue d’une part la diminution des populations dans les pays riches et l’explosion démographique dans certains pays parmi les plus pauvres de l’autre est la cause principale de l’immigration », a-t-il déclaré. Selon lui, de nombreux pays pauvres à l’origine de l’émigration participant à cette conférence ont plaidé en faveur de l’extension au marché du travail du processus de mondialisation.
« Ils ont mis le doigt sur le fait que la mondialisation a fait tomber la plupart des barrières touchant les investissements, les échanges en matière de technologie et une plus grande liberté dans les mouvements de marchandises et de services », explique-t-il. « En revanche le mouvement de main d’oeuvre est le seul à ne pas avoir été touché, ajoute ce responsable. C’est la raison pour laquelle on voit ces dysfonctionnements et ces immobilismes qu’il faut résoudre ».
Barrières renforcées
Le ministre de la Justice dans le gouvernement intérimaire de l’Afghanistan, Abdul Rahim Karimi, a mis en évidence cette contradiction. « Alors que les flux d’informations et de marchandises sont devenus mondiaux, les barrières contre les flux de populations entre pays en développement et pays développés se sont renforcées », a-t-il dit à la tribune de la conférence.
« Les citoyens des pays en développement se heurtent à de terribles obstacles pour obtenir l’autorisation légale de se déplacer librement », a-t- il poursuivi. Selon les estimations de Karimi, il y a plus de cinq millions d’Afghans dispersés dans le monde ce qui constitue l’un des plus importants groupes de réfugiés de la planète.
« Les gens qui passent les frontières uniquement pour des raisons économiques » sont les victimes des trafiquants, a assuré, lors de la conférence, Kamel Morjane assistant du Haut Commissaire aux Réfugiés de l’ONU (HCR). Pour le chef de la délégation iranienne Bozorg Mehr Ziaran, responsable au ministère des Affaires étrangères, il s’agit de « migrants économiques qui cherchent uniquement une vie meilleure ». Il estime que « pour empêcher l’émigration illégale il faut trouver des incitations fortes à rester ».
De vrais réfugiés
Selon lui, un petit nombre de gens devraient être autorisés à venir s’installer dans le pays, « ce qui permettrait à ceux qui veulent les suivre de savoir que c’est possible et au moins ils tenteront leur chance dans la légalité.
Les représentants de trente-sept pays ont clôturé jeudi cette première conférence internationale sur le trafic d’immigrants clandestins en promettant de lutter ensemble contre un fléau ayant causé des centaines de morts. Elle s’est achevée sur une déclaration en vingt-points qui prévoit un partage de l’information, une coopération entre forces de l’ordre, un meilleur contrôle des frontières et visas, un renforcement des législations, des accords pour rapatrier les immigrés clandestins et une protection des « vrais réfugiés ». (apic/ag/pr)
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