Sénégal: 17 associations islamiques dressées contre une réforme du code de la famille

«Des droits sociaux contraires au Coran»

Dakar, 6 mars 2002 (APIC) Un collectif de dix sept associations islamiques du Sénégal s’est élevé contre un projet d’amendement du code de la famille visant à faire partager les responsabilités familiales entre l’homme et la femme. Les islamistes estiment que conférer à la femme salariée des droits sociaux «relève de la mauvaise foi».

Le projet de réforme, selon le gouvernement, est en cours de discussion avancée au sein des différentes instances de décision du pays. L’article 152 du code de la famille, s’il est adopté par le parlement, permettra de substituer le concept d’autorité parentale à celui de puissance paternelle.

Dans une déclaration lue au cours d’une conférence de presse, le collectif invite les 120 députés du parlement «à ne pas se faire les complices d’un acte conçu dans les lieux de ténèbres et dont l’objectif non avoué est de détruire notre système familial». «Rien ne s’oppose à ce que lesdits droits (à la femme salariée) soient octroyés sans remettre en cause l’ordonnancement familial tel que prescrit dans le Coran et la sunna (tradition islamique)», a-t-il ajouté.

Le collectif invite les Sénégalais à plus de «lucidité et de discernement». Il est urgent, souligne-t-il encore, de mettre un terme à la stratégie de grignotage des quelques rares concessions conformes à l’islam par les concepteurs laïcs du projet».

La lutte a commencé dans les mosquées

’’Nous avons déjà commencé la lutte par de sermons dans les mosquées et en participant à des émissions à la radio et à la télévision’’, a expliqué l’imam Moustapha Diop, un des membres de la coalition. «Il n’est plus question pour nous de laisser des groupuscules, qui ne représentent rien dans le pays, occuper le terrain médiatique», a-t-il fait remarquer en s’adressant aux journalistes.

D’autre part, la coalition des associations islamistes a dénoncé les manifestations de soutien à la jeune Nigériane de 36 ans, Safia Husseini, condamnée en octobre dernier, à la lapidation à mort par un tribunal islamique de son pays, pour adultère. Ces réactions contre condamnation de Safia Husseini ne sont que «prétextes à une attaque sans nuance contre la Charia et tout musulman qui en réclame l’application», ont indiqué les intégristes sénégalais. (apic/ibc/bb)

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