Lutter contre l’avortement en instaurant une société conviviale

Suisse: La Fédération suisse des femmes protestantes soutient le régime des délais

Zurich, 6 mars 2002 (APIC) Dans un communiqué daté du 6 mars, la Fédération suisse des femmes protestantes (FSFP) soutient le régime des délais en matière d’avortement. La société devrait être assez conviviale pour qu’il n’y ait plus d’avortement, estime la FSPF. Cette prise de position, qui émane de son comité central, correspond à celle de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse.

Oui à la modification des dispositions du Code pénal sur l’interruption de grossesse et non à l’initiative « Pour la mère et l’enfant – pour la protection de l’enfant à naître et pour l’aide à sa mère dans la détresse ». Telle est la prise de position de la FSFP sur la votation populaire agendée au 2 juin prochain.

Le Conseil national et le Conseil des Etats ont décidé d’introduire dans le Code pénal un délai de 12 semaines pendant lequel les femmes peuvent avorter sans être punissables et sans être obligées de se soumettre à une consultation. Cette disposition « correspond aux réglementations en vigueur dans la plupart des autres pays européens », souligne la FSFP.

Tout en soutenant le régime des délais, le Comité central de la FSFP précise qu’il « milite fondamentalement pour une société suffisamment conviviale et solidaire pour qu’il n¹y ait plus d¹avortements ». Il estime que « les femmes n’interrompent leur grossesse que lorsqu’elles sont dans une situation de détresse ». Et celles qui prennent une telle décision, « lourde de conséquences, éthiques et personnelles », ne doivent pas être poursuivies pénalement.

Par ailleurs, affirme la FSPF, « les expériences faites à l’étranger montrent que le caractère punissable de l’interruption de grossesse ne contribue guère à diminuer le nombre d’avortements. En revanche, il pousse souvent les femmes dans l’illégalité, avec des risques certains pour leur santé ».

Améliorer les conditions de vie des femmes qui enfantent

Suite à une enquête menée il y a six ans, il s’avère qu’une majorité de membres de la FSFP, qui représente environ 60’000 femmes de toute la Suisse, ont dit oui au régime du délai, « à condition que la Confédération et les cantons prennent des mesures pour améliorer les conditions de vie des femmes qui décident d’avoir un enfant ». La FSPF prône à cet effet les trois mesures suivantes: des centres de consultations gratuits, indépendants et non-obligatoires pour les couples touchés par la question de l’avortement, davantage de structures d’accueil extra-familiales dans les cantons (crèches, écoles de jour, etc.), et un droit à un minimum d’existence garanti par l’Etat aux femmes qui mettent au monde un enfant.

Le comité de la FSPF refuse donc l’initiative « Pour la mère et l’enfant », qu’il juge « encore plus restrictive que la législation en vigueur ». Selon cette initiative, l’avortement ne serait autorisé que si la mère est en danger et que ce danger ne peut être écarté d’une autre manière. L’initiative réclame des mesures d’aide aux mères en détresse, « mais sans les définir clairement », souligne la FSPF. (apic/com/bb)

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