Encadré

Le prochain numéro de « Famille Chrétienne » consacré à Pie XII

« Pie XII savait. Pie XII a eu peur. Pie XII s’est tu ». C’est le raccourci sur lequel est construit la pièce de Rolf Hochhut « Le Vicaire », que Costa- Gavras reprend dans son film « Amen ». Cette thèse est contestée par l’hebdomadaire « Famille Chrétienne » dans son numéro du 9 mars 2002.

Les articles sur 6 pages ont été signés par Philippe Oswald, directeur de la rédaction du journal, Jean-Yves Riou, directeur d’histoire du « Chistianisme magazine », Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, et Antoine Soubrier qui interroge le Père Peter Gumpel, un jésuite allemand « juge d’instruction » de la cause en béatification du pape Pie XII.

« Les grands chefs nazis n’ont jamais imaginé une possible connivence avec l’Eglise catholique. Bien au contraire. Ainsi, Goebbels: ’L’Eglise catholique poursuit son infâme travail d’excitation. Cette prêtraille politisante est, à côté des juifs, l’espèce la plus odieuse que nous hébergions aujourd’hui dans le Reich », cite Jean-Yves Riou pour marquer le fossé entre l’Eglise et le nazisme. Et de rappeler la célèbre déclaration de Pie XI en 1938: « Nous sommes spirituellement des sémites ». Et celle de Pie XII à Noël 1942: « Ce v?u (de la fin de la guerre), l’humanité le doit aux centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, et parfois pour le seul fait de leur nationalité ou de leur race, ont été vouées à la mort ou à une extermination progressive ».

Pie XII ne s’est pas tu. Mais il se devait d’être prudent pour ne pas aggraver la situation: « Toute parole de notre part, toute allusion publique devaient être sérieusement pesées et mesurées, dans l’intérêt même de ceux qui souffrent, pour ne pas rendre leur situation encore plus grave et insupportable », expliquait le pape le 2 juin 1943. Quant au travail sur les archives, si le réalisateur du film avait eu seulement l’honnêteté de vérifier ses sources, « il aurait fait un autre film ». Résultat: « Une affiche honteuse, un film médiocre, une thèse éculée », dénonce Philippe Oswald dans son éditorial, en appelant au courage de la vérité. (apic/com/bb)

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