Rome: Document sur la psychologie dans les séminaires en voie de publication
Rome, 11 mars 2002 (APIC) La Congrégation pour l’éducation catholique termine un document consacré à la psychologie dans les séminaires. Sous le titre «Orientations pour l’utilisation des compétences psychologiques dans l’admission et dans la formation des candidats au sacerdoce», le document en question est actuellement en voie d’achèvement. Il sera envoyé prochainement aux évêques et aux directeurs de séminaires.
Lors de son discours à l’assemblée plénière de la Congrégation, le 4 février dernier, Jean Paul II avait introduit, précisément et pour la première fois, une réflexion complète sur l’introduction de la psychologie dans les séminaires. Ce document de référence novateur ne traitera pas explicitement de la question de l’homosexualité chez les séminaristes un sujet d’étude à part entière mais bien de l’aide que peut apporter la psychologie dans le discernement et le suivi des vocations.
Lors de l’assemblée plénière de la Congrégation pour l’Education catholique, du 4 au 6 février dernier, les membres de la Congrégation ont pu donner leurs avis sur un document en préparation depuis plusieurs années et qui a pour objectif d’introduire la science de la psychologie au sein des séminaires afin de favoriser le discernement et le suivi des vocations.
Au Vatican, on affirme que tous les membres sont d’accord pour affirmer que la psychologie est nécessaire dans les séminaires et soulignent qu’elle devra être une aide sans jamais se substituer au discernement spirituel. Ainsi, les éléments apportés par la psychologie ne devront pas prendre le pas sur le discernement du père spirituel ou du directeur du séminaire. Mais quelques divergences sur la manière de l’introduire sont apparues et sur lesquelles travaillent actuellement la Congrégation avant de publier le texte.
Certains se demandent ainsi s’il vaut mieux introduire des psychologues spécialisés dans les séminaires ou plutôt offrir aux formateurs une formation en psychologie. Un autre débat porte sur le fait de savoir si l’ensemble des candidats au sacerdoce doit être soumis à des tests psychologiques ou seulement ceux qui ont besoin d’être aidés dans ce domaine.
Pas la panacée
Recevant les membres de l’assemblée plénière de la Congrégation, le 4 février dernier, Jean Paul II avait longuement évoqué ce travail en cours et qui se présente «comme un instrument utile pour les formateurs, appelés à discerner l’aptitude et la vocation des candidats au sacerdoce en vue de son bien et de celui de l’Eglise».
Insistant sur «le climat de foi» indispensable, Jean Paul II avait ajouté que «le recours à la psychologie n’élimine pas toutes les sortes de difficultés et de tensions, mais favorise une prise de conscience plus ample et un exercice plus choisi de la liberté avec le soutien irremplaçable de la grâce».
Réaffirmant encore une fois qu’il faut distinguer «la dimension humaine et la dimension surnaturelle», le pape avait insisté sur le «soin» à apporter «à la formation des psychologues» qui devront avoir «un bon niveau scientifique» uni à «une compréhension profonde de la conception chrétienne sur la vie et la vocation au sacerdoce».
Alors qu’actuellement un débat porte sur l’admission ou non des candidats au sacerdoce qui sont homosexuels ou qui ont des tendances à l’homosexualité ce document n’aborderait pas explicitement ce sujet qui mérite, affirme-t-on au Vatican, une étude à part entière.
Maturité affective
Le document devrait cependant introduire la question de la «maturité affective» du séminariste, comme cela avait été fait dans l’Exhortation apostolique post-synodale «Pastores dabo vobis», sur «la formation des prêtres dans les circonstances actuelles», publiée en 1992. Ce document de référence sur la formation des séminaristes qui faisait suite au synode des évêques de 1990, consacre, dans la première partie du chapitre V, un paragraphe sur «la formation humaine, fondement de toute la formation sacerdotale».
Si Jean Paul II n’y fait pas fait mention de la psychologie, il insiste sur le fait qu’une formation à la «maturité affective» doit être proposée «pour acquérir un nécessaire et juste épanouissement et pour que les séminaristes se réalisent eux-mêmes». Mais aussi pour «construire des personnalités équilibrées, fortes et libres», «capables de porter le poids des responsabilités pastorales» et de dépasser des situations familiales «qui présentent souvent à cet égard des carences notables et parfois de graves déséquilibres». (apic/imed/pr)
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