Ils maintiennent leur cérémonie à Ayodhya

Inde: Les fondamentalistes hindous ignorent l’interdiction de la Cour suprême

New Delhi, 14 mars 2002 (APIC) Les fondamentalistes hindous, qui veulent édifier un temple au dieu Rama sur les ruines de la mosquée de Babri Masjid dans la ville d’Ayodhya, restent inflexibles. Malgré l’interdiction de la Cour suprême indienne, ils maintiennent la cérémonie «symbolique et pacifique» prévue vendredi 15 mars. Les incidents entre hindous et musulmans ont déjà fait plus de 700 morts ces dernières semaines.

Le VHP (Conseil mondial hindou) maintient la «cérémonie symbolique et pacifique» pour vendredi dans la vile d’Ayodhya, malgré les menaces d’arrestations suite à la décision de la Cour suprême de l’Inde. Celle-ci a interdit mercredi 13 mars toute «activité religieuse, quelle que soit sa nature et par quiconque», sur le site d’Ayodhya où les fondamentalistes hindous revendiquent depuis dix ans le droit de construire un temple sur les ruines d’une mosquée, détruite par eux en 1992. Les émeutes qui avaient suivi la destruction de cette mosquée du XVIème siècle avaient fait plus de 3’000 morts dans tout le pays. D’importantes mesures de sécurité ont été prises autour du site d’Ayodhya.

Il y a moins de deux semaines, plus de 700 personnes, en majorité des musulmans, ont été tuées au Gujarat lors de plusieurs journées de violences, consécutives au massacre dans un train de 58 pèlerins hindous qui revenaient justement d’Ayodhya.

De nouveaux incidents

Des fondamentalistes hindous ont pillé et incendié durant six heures, jeudi 14 mars, des maisons appartenant à des musulmans dans un village du Gujarat. Aucune victime n’est à déplorée, mais 2’000 musulmans ont pris la fuite.

Crise au gouvernement fédéral

Les massacres au Gujarat et la détermination du VHP ont mis en difficulté le gouvernement fédéral, dominé par les nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party (BJP), dont certains responsables continuent d’entretenir des liens avec l’extrême droite religieuse. Les débats sur la décision de la Cour suprême ont suscité des tensions au sein de la coalition au pouvoir à New Delhi. La controverse a entraîné un nouvel ajournement des débats à la chambre basse du Parlement. (apic/ag/sh)

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