«Résolution absurde».
Rome, 15 mars 2002 (APIC) La résolution sur «les femmes et le fondamentalisme» votée par le parlement européen est le fruit d’un «laïcisme exaspéré», a estimé jeudi le cardinal Roberto Tucci, sur les ondes de Radio Vatican. Au lendemain du vote de la résolution par 242 voix pour et 240 contre, le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, l’»Avvenire», parle quant à lui de «laïcisme enragé». Les réactions sont nombreuses au Vatican.
La résolution a été présentée par l’Espagnole Maria Izquierdo, députée européen. Elle contient une série d’attaques contre les Eglises et les communautés religieuses, affirmant en particulier que les organisations religieuses «agissent objectivement contre l’ordre démocratique de l’Union».
Ce document, qui est «fortement idéologique, laïciste et féministe de vieille presse», «prétend unir fondamentalisme et pratique religieuse», a expliqué la correspondante de Radio Vatican en direct de Strasbourg dans le bulletin du 14 mars. Et de citer parmi «les points obscurs» de la résolution, «l’ingérence d’organisations religieuses dans la vie publique et sociale de l’Europe» ou encore le fait d’affirmer que «la procréation est un fait purement personnel, donc tout type de fécondation artificielle ou d’avortement est licite».
Exaspération
Pour sa part, le cardinal Roberto Tucci – ancien organisateur des voyages de Jean Paul II – estime «qu’il s’agit là un laïcisme exaspéré et même d’un fondamentalisme laïc». «Cette manie de donner aux Eglises des règles de comportement l’excluant de l’organisation de la vie sociale», a-t-il expliqué, exprime «une conception qui est exactement le contraire de l’esprit laïc». Il a alors mis en garde contre «les conséquences que pourra avoir cette résolution dans le contenu de la constitution qui est à l’étude», tout en affirmant qu’elle ne devrait pas avoir «d’influence immédiate sur la législation des Etats» dans la mesure où il s’agit d’une proposition sans valeur normative.
Dans son édition du 14 mars, le quotidien italien «Avvenire» parle, quant à lui, de «laïcisme enragé». «Les Talibans et les Eglises chrétiennes, dans l’optique de la députée espagnole, sont quasiment la même chose, et entre la foi religieuse et la liberté démocratique, il y aurait toujours selon elle un inexorable conflit», déplore enfin le journal qui parle de résolution «absurde». (apic/imed/pr)
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