Bethléem: Après le retrait de l’armée israélienne, dégâts considérables, selon les Eglises
Bethléem, 19 mars 2002 (APIC) Après le retrait dans la nuit de lundi à mardi des chars israéliens, les dégâts causés par l’armée israélienne dans la ville de Bethléem sont considérables, selon des sources de l’Eglise locale. Eglises et écoles n’ont pas été épargnées, provoquant des réactions au niveau mondial.
« Le fait que des institutions d’enseignement telles que l’Université catholique de Bethléem ou l’école modèle Dar al-Kalima, appartenant à l’Eglise évangélique luthérienne, aient subi de graves dommages dans leurs infrastructures nous laisse croire qu’Israël a planifié la destruction des institutions palestiniennes d’éducation, y compris celles appartenant et dirigées par les Eglises », dénonce l’éducatrice et théologienne luthérienne Viola Raheb, coordinatrice du programme d’éducation permanente du Centre de rencontre international de Bethléem.
De leur côté, une soixantaine d’évêques de l’Eglise évangélique luthérienne en Amérique ont dénoncé – tout comme la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et les Eglises réformées Berne-Jura – les actes de vandalisme perpétrés contre l’école luthérienne de Bethléem, Dar al-Kalima. Les soldats israéliens qui ont envahi avec des blindés cette école modèle de 240 élèves fondée en 1998 se sont retirés après avoir détruit des installations, du mobilier et des objets religieux, dont des croix en céramique et des croix de bois, provoquant la stupeur des milieux chrétiens locaux. Dans les locaux dévastés aux portes enfoncés, où les dessins d’enfants ont été arrachés et piétinés, des fichiers, des dossiers scolaires et des travaux artistiques détruits, il reste des trous de balles et des graffitis en hébreu.
Dommages matériels et traumatismes psychologiques
« Les dommages matériels et moraux causés à ce lieu, la destruction des voies d’accès à l’école, la blessure psychologique infligée à des écoliers et aux enfants des camps de réfugiés voisins nous préoccupent profondément. L’engagement pour une éducation de qualité, pour une communauté saine et heureuse, pour une résistance non violente et inventive de l’école Dar al-Kalima est mis en cause par cette occupation. Nous tenons cependant fermement à notre projet d’assurer un havre d’éducation paisible pour les enfants palestiniens, un havre qui leur permette de former un avenir meilleur et plus lumineux », écrivent dans leur appel le Révérend Mitri Raheb, pasteur de l’Eglise luthérienne de la Nativité à Bethléem, directeur général du Centre international de Bethléem, et Nuha Khoury, coordinatrice du centre Dar al-Kalima.
Selon des sources palestiniennes et des témoins, des soldats israéliens ont abandonné lundi soir leurs positions dans la ville cisjordanienne de Bethléem et dans sa périphérie – notamment à Beit Jala – après avoir rassemblé leur matériel et évacué plusieurs bâtiments qu’ils avaient transformés en postes d’observation. (apic/com/be)
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