Développer une structure d’intervention intercantonale

Berne: 1er Congrès suisse pour l’assistance spirituelle en cas de situation urgente

Berne, 19 mars 2002 (APIC) En cas de catastrophe, sauver les victimes immédiates est une priorité, mais cela ne suffit pas. L’assistance spirituelle et psychologique aux blessés, à leurs proches et aux intervenants dans les opérations de sauvetage doit faire partie intégrante de l’organisation des secours. Le canton de Berne collabore avec les Eglises chrétiennes et les communautés juives pour l’organisation du 1er Congrès suisse pour l’assistance spirituelle en cas de situation urgente. Ce Congrès se tient du 19 au 20 mars sur la Place d’armes de Berne.

Divers événements survenus dans le passé – par ex. les 19 jeunes qui ont péri dans l’accident de canyoning du Saxetenbach, les catastrophes naturelles comme l’ouragan Lothar – ont montré que l’aide psychologique des premiers secours et l’assistance spirituelle en cas de situation urgente étaient d’une grande importance.

D’où la nécessité d’apporter immédiatement dans les situations traumatisantes, durant la phase aiguë, une aide psychologique aux personnes concernées (victimes d’un accident ou d’une catastrophe) et à leurs proches. Cette aide s’applique aussi aux membres des formations d’intervention lors de pressions extrêmes dans l’exécution de leur mission.

Le 1er Congrès suisse pour l’assistance spirituelle en cas de situation urgente (ASC) réunit durant deux jours 420 professionnels du milieu ecclésial et des services chargés d’intervenir sur le terrain en cas de catastrophe. Le but du Congrès, organisé par la Conférence interconfessionnelle (IKK) et l’Office de la sécurité civile et militaire (OSCM) du canton de Berne, veulent développer un projet intercantonal d’aide spirituelle (ASC). Le but est de développer la collaboration entre les partenaires impliqués dans l’intervention d’urgence, afin de tisser un réseau intercantonal prêt à fonctionner 24 heures sur 24.

Lors d’une catastrophe, les dégâts ne sont pas uniquement matériels

Lors de l’accident de train d’Eschede, l’Eglise d’Allemagne a dépêché sur place le jour même, 50 personnes pour assurer une assistance spirituelle. Samuel Lutz président de l’IKK estime qu’en Suisse il doit être possible d’en faire autant. Depuis 1999, il existe déjà un projet pilote d’assistance spirituelle, lancé par l’OSCM.

Pour optimiser l’intervention, il est nécessaire d’intégrer l’assistance spirituelle dans l’organisation publique des secours. Il faut également que les intervenants reçoivent une formation spécialisée en matière d’assistance spirituelle. 87 ecclésiastiques ont déjà été instruits en ce sens, depuis 2000. Une organisation de secours interne à l’Eglise doit également être mise sur pied. Un numéro d’appel doit fonctionner 24 heures sur 24, de même qu’un service de garde.

L’ASC devra être présente sur de grandes catastrophes à l’échelle nationale, tel l’ouragan Lothar, mais également pouvoir intervenir à un niveau local, comme lors d’accidents de la circulation. Il revient à l’autorité civile, et non aux Eglises, de convoquer l’ASC sur le terrain. A l’instar du canton de Berne, l’ASC sera également coordonnée dans tous les cantons avec le service d’intervention d’urgence de la police sanitaire.

La nature de l’aide spirituelle porte sur l’accompagnement des victimes, proches et sauveteurs, accablés par une situation oppressante ou un événement déstabilisant. Une Communauté de travail ?cuménique va dès le 1er mai 2002 tenir une assemblée constitutive. Il est nécessaire, commente le pasteur Berhard Stähli, responsable du projet d’ASC, de développer une étroite collaboration avec la psychologie, la psychiatrie, la médecine, les autres partenaires impliqués dans les secours sur le terrain, ainsi qu’avec ceux qui assurent le suivi des séquelles au quotidien. (apic/com/sh)

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